Entre 100.000 et 140.000 Rroms vivent en Albanie. Souvent objet de diverses discriminations, la majeure partie de cette population souffre aussi du chômage. Pour subsister, les Rroms font les poubelles ou mendient dans les rues. Sous-scolarisés, très peu de jeunes Rroms accèdent à l’Université. Les politiques d’intégration annoncées par le gouvernement restent des coquilles vides.
Au Brésil, le gouvernement fédéral a décidé de révolutionner ses méthodes pour préserver les tribus autochtones de l’appétit territorial des colons, en testant une nouvelle approche sur un Indien qui vit isolé au milieu de la jungle : l’élevage et l’exploitation forestière se rapprochant dangereusement du lieu d’habitation de ce dernier représentant d’une tribu apparemment décimée, une zone de 50km² qui entoure sa hutte a été déclarée "propriété privée". Au lieu de tenter d’établir le contact et de le "civiliser", comme cela se pratique couramment avec d’autres tribus d’Amazonie n’ayant jamais eu de rapport avec le monde extérieur, ils officialisent et garantissent son isolement. Considérant la protection de cet homme comme une question de droit humain, et non d’économie, ils tentent ainsi de répondre à la question de savoir si la pérennité des tribus traditionnels d’Amazonie peut être vraiment compatible avec la politique de profit des exploitants.
Cette indignation contre l’ignominie est lyrique et émouvante [3] mais il convient de rappeler que la xénophobie, brandie pour la énième fois en France, n’a pas fonction idéologique : pratiquée avec intensité en temps de crise, avec une efficacité particulièrement redoutable dans les pays colonisateurs (la France le fut et le demeure de fait), elle a caractérisé la Troisième république finissante, particulièrement l’ère Daladier-Reynaud, et elle s’insère pleinement dans la lutte pour l’écrasement des salaires – c’est à dire pour le maintien, voire l’augmentation du profit –, rendue possible par la division des salariés (entre femmes et hommes, étrangers et Français, jeunes et vieux, etc.).
Alors que le démantèlement des camps rroms s’accélère en France depuis quelques jours, de grands groupes de distribution n’hésitent plus à faire suivre leurs clients d’origine tsigane dans leurs rayons... Ou pire, à leur interdire l’accès à leurs magasins. Le quotidien România libera l’a vérifié à Rouen et La Rochelle.
Les Télécoms du Kosovo sont en vente depuis mardi, le dossier de privatisation de l’aéroport de Pristina est bouclé et le tour du secteur énergétique va vite venir. Le gouvernement Thaçi et ses conseillers occidentaux sont bien décidé à privatiser au plus vite les principales entreprises publiques du Kosovo - les seules rentables. Cet empressement est fort suspect : pourquoi vendre maintenant, en pleine période de récession ? Qui cherche donc à profiter de la « saison des soldes » ?
Blackwater est une société militaire privée US fondée en 1997. Ses activités ont débuté dans la sous-traitance de l’entraînement militaire. Après les attaques terroristes contre le destroyer USS Cole en 2000, Blackwater signe un contrat avec la Marine pour l’entraînement d’une force de protection, mais les grands contrats viendront après les attentats du 11 septembre. Depuis, ils ont travaillé notamment en Irak et en Afghanistan. Leur terrain d’action s’élargit de plus en plus.
Lorsque les faits dérangent, lorsque le droit international, les droits de l’homme et l’histoire deviennent encombrants, lorsque les crimes de guerre ne peuvent plus être justifiés ou balayés par quelques arguments, lorsque la logique n’est d’aucune utilité, l’actuelle clique de dirigeants politiques américains invoque la vielle rengaine infaillible : le 11 septembre. Nous devons combattre en Afghanistan parce que... pour d’obscures raisons... ce pays est impliqué dans les évènements du 11 septembre 2001.
« La guerre est faite de tout sauf de transparence »
Fuite orchestrée, construite par des officiers du renseignement, les 105 000 documents livrés au public, par le site islandais WikiLeaks, offrent peu d’intérêt pour les amoureux de la vérité.
Les amateurs de scoop, de scandale, de petites histoires, resteront sur leur faim.
Deux siècles de développement industriel auront réussi à tout gangrener : la Terre, l’eau, l’air, rien n’y échappe. Plus personne ne peut ignorer dans quelle poubelle des mondes nous sommes contraints de vivre : fuite radioactive au Tricastin, PCB dans le Rhône, lait à la dioxine en Bretagne et ailleurs… “Accidents” industriels ? C’est plutôt la routine du désastre qui suit son cours.
L’émergence de Al-Shabab en Somalie doit être vue dans le contexte de décennies de mauvaise gestion, de dictature et d’abus, écrit Yohannes Woldermariam. Suite à l’invasion éthiopienne soutenue par les Américains en 2006, l’ascendance de l’UIC (Union of Islamic Courts) modérée, a été bloquée et quelque 300 000 personnes ont été déplacées ce qui a permis le triomphe des’’ extrémistes de Al-Shabab comme force hégémonique’’, issus de l’UIC. Et alors que les effets du bombardement de Kampala retombent, continue Woldermariam, les gouvernements des alliés américains, l’Ethiopie et l’Ouganda, cherchent une fois de plus à faire du capital politique de la tragédie à des fins qui leur sont propres, avec ‘’Obama qui joue leur jeu’’.