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Chine : retour au calme à Shenzhen après une émeute anti-policière

vendredi 14 novembre 2008.

SHENZHEN (AFP, 8 novembre 2008) - La situation était redevenue calme samedi à Shenzhen, dans le sud de la Chine, après l’attaque d’un bâtiment de la police par des centaines de personnes protestant contre la mort d’un motocycliste, selon la police et un témoin.

Dans les rues du quartier, où les violences ont duré plusieurs heures dans la nuit de vendredi à samedi, les habitants vaquaient à leurs tâches habituelles samedi et les commerces étaient ouverts, a constaté un journaliste de l’AFP.

Près du bâtiment de police cible des émeutiers, les forces de l’ordre ont cependant été renforcées.

Les violences ont été déclenchées par la mort vendredi à la mi-journée de Li Guochao, âgé de 31 ans, selon un communiqué de la police de Shenzhen diffusé samedi, qui n’a pas fait état de blessés.

Circulant sur une moto sans plaque, il avait été grièvement blessé après avoir tenté de franchir un contrôle à Bao’An, le plus peuplé des six districts de Shenzhen, la métropole du sud située en face de Hong Kong, selon le texte.

Le contrôle était destiné à lutter contre un phénomène largement répandu en Chine, celui des taxis ou des véhicules de transport qui circulent sans autorisation.

Après que l’une des personnes participant au contrôle eut jeté sur Li son talkie-walkie, le motocycliste a perdu le contrôle de son véhicule et est allé heurter un pylône. Il est décédé ensuite à l’hôpital, selon la police.

"Il a été confirmé qu’au moment des faits, il n’y avait aucun policier au poste de contrôle, seulement un agent de circulation en service à 300 mètres de là. Cependant les proches de Li Guochao ont pensé à tort que ce contrôle avait été organisé par le détachement de police de la route de Shiyan" (Ndlr : quartier où se sont produits les faits), affirme le communiqué de la police de Shenzhen.

Après le décès de Li, sa famille a transporté le corps devant le bâtiment du détachement de la police de la route, faisant exploser des pétards, comme c’est la coutume lors d’un décès en Chine avant que la situation ne dégénère vite, selon la police.

Dans le communiqué, cette dernière précise que quelque 400 personnes étaient rassemblées à l’intérieur du bâtiment et plus de 2.000 regardaient à l’extérieur.

"Ensuite, une minorité a jeté des pierres et brûlé une voiture de la police", affirme le texte.

"Il y avait des milliers de personnes qui tentaient de s’approcher du bâtiment de la police. Ils ont essayé de retourner une voiture de police et les gens cassaient des fenêtres avec des couteaux", a déclaré à l’AFP un témoin, une commerçante qui a souhaité rester anonyme.

Des photos publiées sur l’internet montrent des restes de pétards et des débris de vitres à l’entrée du bâtiment, une foule veillant le corps du motocycliste, recouvert par un drap blanc et placé sur une civière, ainsi que le véhicule de police saccagé.

La foule a été dispersée samedi vers 02h00 (vendredi 18h00 GMT) après l’envoi de forces de l’ordre, selon la police.

La réaction de la famille de la victime illustre la suspicion qui entoure la police en Chine, accusée régulièrement d’agir en toute impunité et d’être corrompue.

"La police dit qu’elle travaille pour le peuple, mais en fait elle ne s’intéresse qu’à l’argent", dit un chauffeur de taxi de Shenzhen, Ma.

Un Chinois de 28 ans, Yang Jia, condamné à mort récemment pour avoir tué six policiers à Shanghaï en juillet, est ainsi devenu un héros pour ceux qui dénoncent les bavures policières.

Il avait expliqué son geste par sa volonté de se venger après une arrestation arbitraire en octobre 2007, accusant les policiers de l’avoir frappé.

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Citation :
Début du procès des émeutiers de Weng’an

Le procès des émeutiers de Weng’an qui avaient incendié des immeubles administratifs, des voitures, et blessé des policiers en juin dernier vient de s’ouvrir devant un tribunal de cette ville.

La cour a entendu le témoignage d’un suspect, Xiao Chunping, accusé d’avoir troublé l’ordre public en empêchant la progression d’un convoi de police le 28 juin. Il est accusé d’avoir grimpé sur les véhicules et harangué la foule. Celle-ci brûla trois véhicules de police.

L’accusation a fait remarquer que ce suspect avait déjà été condamné à sept années de prison pour vol et qu’il avait été libéré en 2004. La cour doit se prononcer sur son cas.

Cinq autres accusés de manifestation violente ont comparu jeudi et le tribunal n’a pas indiqué combien d’autres doivent suivre.

Plus de 30 000 personnes ont participé à ces émeutes déclenchées par un rapport de police controversé concernant le décès de Li Shufen, une jeune fille de 17 ans dont les amis et la famille soutiennent qu’elle a été violée et assassinée. Une autopsie a conclu à la noyade.

Au cours des émeutes 160 bureaux et plus de 40 véhicules ont été incendiés. Aucun décès n’a été constaté, mais plus de 150 blessés du côté des manifestants ou de la police ont été relevés.

Selon la police, 134 personnes sont directement impliqués dans les destructions. Dans les jours qui suivirent les émeutes 59 personnes furent arrêtées.

Le secrétaire du comité du Parti communiste chinois (PCC) pour la province du Guizhou, Shi Zongyuan, a admis que les habitants de ce district avait exprimé des revendications sociales antérieurement aux émeutes. Ils étaient ulcérés par des conflits dans des mines, la démolition de maisons d’habitation pour faire place à des projets publics, des relocations pour la construction d’un réservoir d’eau et d’autres problèmes.

Le secrétaire a également blâmé les responsables locaux pour avoir trop longtemps négligé une criminalité localement rampante et leur incompétence dans le maintien de l’ordre public.

Après les émeutes, le secrétaire du PCC pour le district et le chef du gouvernnement local ont été démis de leur fontion.

Agence de presse Xinhua 2008/11/07

Sourve Non fides./Pas-dupes


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