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Le système alimentaire international et la crise climatique et La terre au secours de la Terre : l’importance des sols face à la crise climatique

De Grain
mercredi 7 octobre 2009 par anik

Cette année, plus d’un milliard d’humains vont souffrir de la faim, tandis que cinq cent mille autres souffrent d’obésité. Les trois quarts de ceux qui ne mangent pas à leur faim sont des paysans et des ouvriers agricoles (ce sont eux qui produisent la nourriture) ; mais la poignée d’entreprises d’agrobusiness qui contrôle la chaîne alimentaire (ceux qui décident où va la nourriture) continuera, quant à elle, à amasser des milliards de dollars de bénéfices. De plus, les dernières études scientifiques prédisent que si l’on poursuit le même scénario, la montée des températures, des conditions climatiques extrêmes et les problèmes sévères de sols et d’eau qui en découleront, feront grossir encore de quelques millions de pauvres les rangs des affamés. Alors que l’augmentation de la population accroît la demande de nourriture, le changement climatique sapera encore nos capacités de production. Certains pays qui se battent déjà avec des problèmes de famine sévères pourraient voir leur production de nourriture divisée par deux avant la fin du siècle. Et pourtant, quand les élites se rencontrent pour parler du changement climatique, les conséquences sur la production et l’approvisionnement en nourriture sont à peine mentionnées et rien n’est fait pour trouver des réponses.

Il existe une autre dimension à cette relation entre le changement climatique et le système alimentaire global qui souligne l’urgence de la situation : non seulement le système alimentaire actuel, empêtré dans ses dysfonctionnements, est absolument inadapté au changement climatique, mais il est en fait l’un des principaux facteurs de ce changement. Le modèle d’agriculture industrielle qui approvisionne le système mondial s’appuie essentiellement sur la conversion du pétrole en nourriture, produisant ainsi d’énormes quantités de gaz à effet de serre (GES). L’usage de vastes quantités d’engrais chimiques, l’expansion de l’industrie de la viande et la disparition des savanes et des forêts du monde pour les remplacer par des marchandises agricoles, sont responsables d’au moins 30 % des émissions mondiales de GES qui sont à la source du dérèglement climatique.1

Mais tout cela ne représente qu’une partie de la façon dont le système alimentaire actuel contribue à la crise climatique. Faire de la nourriture une marchandise industrielle mondiale provoque un gigantesque gaspillage d’énergie fossile : il faut en effet la transporter, la transformer, la stocker, la congeler et l’acheminer jusqu’à la table des particuliers. Toutes ces étapes contribuent à alourdir la facture climatique. Si l’on prend tous ces éléments en compte, il n’est pas exagéré d’affirmer que le système alimentaire de nos jours est probablement responsable de près de la moitié des émissions de GES à travers le monde.

Le bien-fondé et l’urgence d’un bouleversement complet du système alimentaire n’ont jamais été aussi évidents. D’un point de vue pratique, rien n’empêche de passer à un système plus sain et partout, les gens sont apparemment prêts à changer, que ce soit les consommateurs en quête de nourriture plus locale ou les paysans édifiant des barricades sur les routes pour défendre leurs terres. Mais c’est la structure même du pouvoir qui bloque tout. C’est cette structure, essentiellement, qu’il va falloir transformer.

Les racines de la déforestation

La raison pour laquelle on confond souvent changement d’affectation des terres et agriculture dans les statistiques sur les facteurs du dérèglement climatique est que ce changement est dû principalement à la conversion de forêts ou de prairies en terre de cultures ou d’élevage. La FAO estime que 90 % de la déforestation sont provoqués par l’agriculture et concernent presque exclusivement les pays en voie de développement. Malgré tout, il est à noter que les paysans conservent de larges zones de forêts. Une étude récente utilisant une imagerie satellite détaillée et menée par le World Agroforestry Centre (le Centre international de recherche en agroforesterie) montre que 46 % des terres cultivées du globe comprennent au moins 10 % d’arbres.21 « La zone étudiée ici fait deux fois la taille de l’Amazonie et prouve que les paysans protègent les arbres et en plantent spontanément », explique Dennis Garrity, le directeur-général du Centre. Ces arbres jouent déjà un rôle important dans la protection des paysans contre le dérèglement climatique et pourraient sans aucun doute aider encore davantage, surtout quand on songe que sous les tropiques en particulier, les paysans ont le choix parmi 50 000 espèces d’arbres différentes, ce qui est assez prodigieux. Pour Tony Simons, le directeur-adjoint du Centre, « quand les récoltes sont mauvaises et que l’élevage échoue, les arbres sont souvent capables de résister à la sécheresse et permettent aux gens de tenir jusqu’à la prochaine saison. »

L’agriculture n’est évidemment pas la seule cause de la disparition des forêts : l’exploitation forestière, l’exploitation minière, la construction de routes, l’urbanisation et la construction de barrages sont des causes majeures de déforestation. C’est aussi le cas du ramassage à petite échelle de bois de feu qui est souvent dû au fait que les pauvres n’ont pas accès aux sources d’énergie publiques. Dans beaucoup de pays, la déforestation est déguisée en développement agricole par des entreprises qui acquièrent les terres pour leur bois. Les entreprises de production d’huile de palme et de caoutchouc sont bien connues pour leur façon de défricher la forêt vierge pour accéder au bois, sans jamais donner suite à leurs promesses de développement agricole des terres.22

Ceci dit, les paysans aussi coupent des forêts pour accéder à de nouvelles terres cultivables, mais il faut se demander pourquoi. Comme l’a abondamment montré le Mouvement mondial pour les forêts tropicales, la raison la plus courante de ce type de déforestation n’est pas un manque de terres agricoles, mais bien plus la concentration des terres et/ou des ressources entre les mains d’une élite ou l’expulsion de communautés pour faire place à des projets de développement.23 La déforestation a tendance à survenir quand les communautés perdent le contrôle de leurs ressources. Là où il y déforestation, il y a généralement des communautés locales qui s’efforcent d’y mettre un terme, en particulier des communautés indigènes. Et quand les pauvres défrichent la forêt pour y faire des cultures, il y a de fortes chances qu’ils aient été chassés de leurs terres et qu’ils soient entrés en résistance, comme en témoigne le retard accumulé dans les procès et les pétitions concernant les conflits fonciers dans des pays comme le Vietnam et la Chine.

De plus, très souvent, ce ne sont pas les paysans qui convertissent forêts et prairies en terres cultivées mais les entreprises transnationales ou les gros exploitants qui produisent pour ces dernières. L’expansion des plantations de palmiers à huile dans les forêts tropicales d’Indonésie et les plantations de canne à sucre dans le cerrado brésilien en fournissent deux exemples évidents.24 De fait, il est difficile d’imaginer comment des paysans pourraient causer une déforestation à grande échelle quand dans de nombreux pays, ils n’occupent qu’un petit pourcentage de la surface agricole : En Amérique latine, où existe ce genre de données, les petits exploitants n’occupent que 3,5 % de la surface cultivée ; les chiffres sont de 8,5 % en Équateur et 5 % au Chili.25 En Colombie et au Pérou, où les petits exploitants possèdent presque toutes les fermes (82 % et 70 % respectivement), ils n’occupent cependant qu’une proportion modeste des terres cultivées : 14 % et 6 % respectivement.26

La famine en prévision

En 2007, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié un rapport très attendu sur l’état du climat de la planète. Ce rapport déclare sans ambiguïté qu’un changement climatique est en cours et qu’il est « très probablement » causé par l’homme ; il prévoit avec une certaine prudence que la Terre se réchauffera de 0,2 °C tous les dix ans, si rien n’est fait pour réduire nos émissions de GES. Selon ce rapport, un réchauffement compris entre 2 et 4 °C – température qui pourrait être atteinte d’ici la fin du siècle – provoquerait une montée dramatique du niveau de la mer et augmenterait fortement la fréquence des catastrophes climatiques.

Mais deux ans plus tard, il semble que le GIEC ait été trop optimiste. Aujourd’hui, les scientifiques s’accordent pour dire qu’une augmentation de 2° C dans les quelques décennies à venir est quasiment certaine, et que le scénario “les affaires continuent” pourrait aller jusqu’à réchauffer la planète de 8 °C d’ici 2100, nous faisant passer le point de non-retour et tomber dans un changement climatique décrit comme dangereux et irréversible.2 Les effets d’un changement climatique bien moindre sont déjà très sévères. Selon le Forum humanitaire mondial (le Global Humanitarian Forum) basé à Genève, le changement climatique affecte sérieusement 325 millions de personnes chaque année ; 315 000 personnes meurent de faim, de maladies et de désastres causés par le changement climatique.3 Le Forum prévoit que le nombre de morts annuel résultant du changement climatique atteindra un demi-million d’ici 2030 et affectera sérieusement 10 % de la population mondiale, soit 700 à 800 millions.

La nourriture est et restera au centre de cette crise climatique qui n’en est qu’à ses débuts. Tous sont d’accord pour dire que la production agricole doit continuer à augmenter de façon significative si l’on veut pouvoir nourrir la population mondiale croissante. Le changement climatique, toutefois, risque de faire reculer la production agricole. Après avoir examiné toutes les études qui ont modélisé l’influence du réchauffement climatique sur l’agriculture à ce jour, William Cline estime que d’ici 2080, si rien n’est fait, le changement climatique réduira la production agricole potentielle dans le monde de plus de 3 % par rapport à la production actuelle. Ce sont les pays en développement qui souffriront le plus : leur production agricole pourrait décliner de 9,1 % ; l’Afrique connaîtrait un déclin de 16,6 %. Ces prévisions sont effrayantes, mais Cline affirme que les véritables conséquences pourraient être encore pires que ne le laissent entendre ces chiffres.4

En matière d’agriculture, l’une des grandes faiblesses des prévisions du GIEC et autres experts est qu’elles acceptent une théorie de “fertilisation par le carbone” selon laquelle un niveau plus élevé de CO2 dans l’atmosphère renforce la photosynthèse dans de nombreuses cultures et améliore leurs rendements. Des études récentes montrent que ces arguments relèvent surtout de l’illusion. Non seulement l’accélération initiale de la croissance ralentit considérablement après quelques jours ou quelques semaines, mais l’augmentation du CO2 réduit l’azote et le taux de protéine dans les feuilles de plus de 12 %. Ceci implique qu’avec le changement climatique, les céréales les plus utilisées, comme le blé et le riz, contiendront moins de protéines pour les humains. Il y aura aussi moins d’azote dans les feuilles pour les insectes ; en d’autres termes, les insectes mangeront plus de feuilles, provoquant des réductions importantes de rendement.5

En enlevant la fertilisation par le carbone de ses calculs, Cline a obtenu des résultats encore plus horribles (cf. Cline, tableau 7.1). Les rendements mondiaux déclineraient alors de 16 % d’ici les années 2080 : 24,3 % en Amérique latine, 19,3 % en Asie (38 % en Inde) et 27,5 % en Afrique (plus de 50 % au Sénégal et au Soudan).6

Il est à craindre hélas que ces prévisions, si effrayantes soient-elles, ne soient en réalité sous-estimées. En effet, l’étude de Cline, comme le rapport du GIEC et les principaux rapports étudiant les interactions entre l’agriculture et le changement climatique, ne tiennent pas compte des effets d’une crise qui se profile à l’horizon et qui est également associée au changement climatique : celle de l’eau. Actuellement, 2,4 milliards de personnes vivent dans des régions déjà très touchées par le manque d’eau ; des prévisions récentes indiquent que ce nombre atteindra 4 milliards dans la seconde moitié du XXIe siècle. Les ressources en eau pour l’agriculture se sont taries ou sont extrêmement basses dans de nombreuses régions du monde et le réchauffement climatique est censé aggraver le problème, car des températures plus élevées génèrent des conditions plus sèches et augmentent la quantité d’eau nécessaire à l’agriculture.7 Il va donc devenir beaucoup plus difficile de maintenir les niveaux actuels de production de nourriture, alors même que la croissance de la population ne peut qu’intensifier la demande.8

De plus, les prédictions de Cline ne tiennent pas compte des conditions météorologiques extrêmes qui résulteront du changement climatique : on peut s’attendre à ce que sécheresses, inondations et autres désastres “naturels” s’ensuivent, provoquant des désastres en agriculture. Selon la Banque mondiale, dans les zones côtières, trois millions d’hectares de terres cultivées supplémentaires deviendront vulnérables aux inondations, en raison de l’intensification des tempêtes dues au changement climatique.9 En même temps, on prévoit que les feux sauvages, qui, selon les estimations, affectent déjà 350 millions d’hectares chaque année,10 vont augmenter de façon dramatique suite au réchauffement mondial. Ces feux créeront un sérieux problème de pollution d’aérosols carbonés, aggravant encore l’effet de serre. Une étude prévoit une hausse de 50 % des feux sauvages dans l’Ouest des États-Unis d’ici 2055 ; cette hausse serait due à l’augmentation de la température de l’air.11

Cinq étapes clés vers un système alimentaire capable d’offrir des réponses au dérèglement climatique et à la crise alimentaire

1. Choisir des méthodes de production intégrées et durables

Les séparations artificielles et les simplifications que nous a imposées l’agriculture industrielle doivent être abandonnées et les différents éléments d’une agriculture soutenable doivent être raccordés pour en faire à nouveau un ensemble. Il faut réintégrer les cultures et l’élevage dansles fermes. La biodiversité doit redevenir la pierre angulaire de la production alimentaire ; les systèmes de conservation et d’échange de semences doivent être réactivés. Les engrais chimiques et les pesticides doivent faire place à des moyens naturels pour protéger le sol et contrôler ravageurs et maladies. Une restructuration du système alimentaire respectant ces principes contribuera à créer des conditions d’émissions quasi nulles dans les fermes.

2. Refaire le sol et retenir l’eau

Le sol est un élément qu’il ne faut pas prendre à la légère. Il faut faire partout un effort massif pour réincorporer de la matière organique dans nos sols et y ramener la fertilité. Des décennies de mauvais traitements – les produits chimiques surtout mais aussi, par endroits, l’exploitation minière – ont épuisé les sols. Des sols sains, riches en matière organique, sont capables de retenir d’énormes quantités d’eau, ce qui sera nécessaire pour conférer au système agricole un certain degré de résilience, et pour résister aux crises du climat et de l’eau qui nous menacent déjà. Augmenter la teneur des sols en matière organique permettra de capturer une bonne partie de l’excès du CO2 dans l’atmosphère.

3. Désindustrialiser l’agriculture, économiser l’énergie, et permettre aux gens de rester dans les fermes

L’agriculture familiale doit redevenir le fondement de la production alimentaire. En acceptant la mise en place d’énormes exploitations agricoles intensives qui produisent des marchandises pour le marché international plutôt que de la nourriture pour les personnes, nous avons créé des campagnes désertées, des villes surpeuplées et détruit dans la foulée bien des vies et des cultures. La désindustrialisation de l’agriculture permettrait de surcroît d’éliminer le gigantesque gaspillage d’énergie qui caractérise l’agriculture industrielle actuelle.

4. Cultiver localement et se débarrasser du commerce international

L’un des principes de la souveraineté alimentaire est de donner la priorité aux marchés locaux sur le commerce international. Comme nous l’avons vu, le commerce international alimentaire et les industries de transformation et les chaînes de supermarché qui lui sont associées, constituent la plus grosse contribution du système alimentaire à la crise climatique. Si la production est réorientée vers les marchés locaux, une bonne partie de ces facteurs peuvent disparaître de la chaîne alimentaire. C’est probablement la bataille la plus difficile à mener, car les grandes entreprises fondent essentiellement leur pouvoir sur la croissance et l’expansion du système commercial et bien des gouvernements n’ont pas vraiment d’état d’âme à les soutenir. Cependant, si nous voulons sérieusement nous attaquer à la crise climatique, nous n’avons pas le choix.

5. Réduire l’économie de la viande et améliorer la qualité de notre nourriture

C’est peut-être dans le secteur de l’élevage que notre système alimentaire a amené les changements les plus profonds et les plus destructeurs. Autrefois partie intégrante et durable du mode de vie rural, l’élevage est devenu un gigantesque système d’usines à viande, dispersé partout dans le monde et contrôlé par quelques entreprises. L’économie internationale de la viande, qui a au cours des dernières décennies été multipliée par cinq, a un impact considérable sur le dérèglement climatique. Elle est aussi en partie responsable des problèmes d’obésité qui frappent les pays riches et détruit – à coup de subventions et de dumping – la production de viande locale dans les pays pauvres. Ceci doit changer et les habitudes de consommation, en particulier dans les pays riches, doivent viser une réduction de la consommation de viande. Le monde doit revenir à un système de production et de distribution de viande décentralisé, qui soit adapté aux besoins des personnes. Il faut ré-instaurer et redonner leurs chances à des marchés qui fournissent la viande des petits élevages aux marchés locaux à des prix raisonnables et mettre fin au dumping international que nous connaissons.

Il ne faut pas non plus oublier le marché. L’approvisionnement alimentaire mondial est en effet de plus en plus contrôlé par un petit nombre de multinationales qui occupent une position de quasi-monopole tout au long des chaînes alimentaires, depuis les semences jusqu’aux supermarchés. Dans le commerce agricole, la proportion du capital soumis à la spéculation est aussi en augmentation. Dans ce contexte, toute perturbation, y compris les perturbations fondées sur la rumeur, provoquent des hausses de prix brutales et suscitent une extrême avidité de la part des spéculateurs, rendant la nourriture inaccessible aux pauvres et bouleversant la production agricole dans les zones rurales.12 De fait, toutes ces discussions autour de la menace d’un pénurie de nourriture attirent déjà les investisseurs en capital-risque vers l’agriculture, suscitant dans le monde un accaparement des terres d’une ampleur jamais vue depuis l’ère coloniale.13

Nous nous acheminons vers une époque où la production de nourriture va être sévèrement perturbée.

Jamais il n’a été aussi crucial d’établir un système qui puisse assurer que tous reçoivent la nourriture dont ils ont besoin. Cependant, jamais l’approvisionnement mondial n’a été aussi étroitement contrôlé par un petit groupe, dont l’unique motivation est d’extraire des bénéfices pour leurs actionnaires.


L’affrontement de deux mondes en Amazonie péruvienne

Le gouvernement péruvien a choisi la date symbolique de la Journée mondiale de l’Environnement pour s’attaquer de façon sauvage et sanglante aux peuples de l’Amazonie. Et la raison de cette répression ? L’opposition continue des communautés amazoniennes à l’invasion de leur territoire par des industries dévastatrices, aussi bien du point de vue social que du point de vue environnemental : l’industrie minière, les forages pétroliers, les grandes plantations de monocultures d’arbres et d’agrocarburants.

Le 9 avril 2009, les communautés de toute l’Amazonie péruvienne avaient commencé ce qu’elles appelaient une « grève illimitée » pour protester contre l’incapacité du Congrès du Pérou à réviser une série de décrets législatifs mettant en danger les peuples indigènes. Ces décrets avaient été prononcés par l’exécutif dans le cadre de la mise en place du traité de libre-échange signé avec les États-Unis.

En déclenchant le massacre en cette Journée de l’Environnement, le gouvernement d’Alan Garcia a montré le peu de cas qu’il fait de la protection de l’environnement et à quel point il apprécie les multinationales qui espèrent exploiter – et par là même détruire – les ressources naturelles du pays.

Pis encore, il a ainsi déclaré publiquement avec quel mépris il considère une population indigène qui lutte pour défendre le peu qui lui reste après la mise en œuvre d’un modèle dit de “développement”qui s’est avéré si destructeur, tant sur le plan social qu’écologique.

En raison de cette répression sanglante et de l’attention publique qu’elle a attirée partout dans le monde, l’Amazonie péruvienne est devenue le symbole de l’affrontement entre deux conceptions divergentes du présent et de l’avenir de l’humanité. Et cet affrontement se joue sur la scène internationale.

Le conflit oppose d’un côté le monde des intérêts économiques, qui détruisent les liens sociaux et l’environnement, imposent par la force et n’hésitent pas à bafouer les droits. Ce monde n’est bien entendu pas contrôlé par le Président du Pérou : ce dernier n’est aux yeux des multinationales qu’un instrument temporaire et remplaçable, comme l’a bien montré ce qui s’est passé avec l’ex-président Fujimori. Cependant, le rôle que jouent ces assistants est essentiel, puisque ce sont eux qui confèrent une apparence de « légalité » à des actes qui bafouent indéniablement les droits humains les plus fondamentaux.

De l’autre côté, se trouve le monde de ceux qui aspirent à un avenir de solidarité et de respect de la nature. Dans cette histoire, ils étaient symbolisés par les peuples indigènes de l’Amazone, mais on les trouve aussi dans des luttes similaires dans le monde entier, affrontant d’autres gouvernements qui sont eux aussi à la botte des grandes entreprises dont ils servent les intérêts économiques. Pour n’en donner que quelques exemples, on pourrait parler ici de la résistance des pays de l’Asie du Sud-Est pour défendre le Mékong - qui fournit leur subsistance à des millions de personnes – contre des barrages hydroélectriques géants, la lutte des peuples d’Afrique contre le forage pétrolier et l’exploitation forestière, ou encore celle des tribus indiennes pour protéger leurs forêts contre l’industrie minière.

Dans cette confrontation, l’hypocrisie de ceux qui s’efforcent par tous les moyens d’imposer un modèle destructeur semble sans bornes. Dans le cas du Pérou, le Président Alan Garcia, qui veut aujourd’hui ouvrir l’Amazone aux industries minières, avait déclaré, il y a à peine un an, qu’il voulait « empêcher que cette richesse fondamentale donnée par Dieu ne soit dégradée par l’œuvre de l’homme, par l’incompétence de ceux qui travaillent la terre ou l’exploitent économiquement, et c’est la raison pour laquelle nous avons créé ce ministère de l’Environnement. »

Cette hypocrisie des gouvernements est évidente partout, surtout dès qu’il s’agit de dérèglement climatique. Au cours d’un interminable processus qui a commencé en 1992, les gouvernements mondiaux ont accepté le fait que le changement climatique est la pire menace qui soit pour l’humanité. Ils se sont aussi mis d’accord pour dire que les deux principales sources du dérèglement climatique sont les émissions de gaz à effet de serre provenant de la combustion des énergies fossiles, et la déforestation. Finalement, ils ont convenu qu’il fallait réagir. Après avoir signé les accords correspondants et être revenus chez eux, ils ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour promouvoir les forages pétroliers et/ou la déforestation.

Il n’est nul besoin de créer des ministères de l’environnement ni de participer à des conférences internationales pour combattre le dérèglement climatique : les peuples du monde agissent déjà pour défendre l’environnement et le climat. Dans presque tous les cas, ces actions sont criminalisées ou réprimées, au Nord comme au Sud, par ceux qui devraient justement les encourager et les soutenir : les gouvernements.

Dans le cas du Pérou désormais devenu un symbole, les peuples de l’Amazone – forts du soutien de milliers de citoyens du monde – ont remporté une victoire décisive dans l’affrontement des deux mondes. Nul ne s’imagine que la bataille est définitivement gagnée. Mais cette victoire est source d’espoir pour tous ceux qui poursuivent des buts similaires, et pour le monde entier, car, en fin de compte, l’issue de cet affrontement des deux mondes déterminera le destin de l’humanité.

Texte édité à partir du Bulletin du World Rainforest Movement, No. 143, June 2009

Et si on se faisait une planète pour ce soir ?

Les partisans de la Révolution verte se targuent d’avoir sauvé le monde de la famine grâce à leur recette de base : les variétés de plantes uniformes et les engrais chimiques. Ceux qui défendent les présumées Révolution de l’élevage et la révolution bleue (par l’aquaculture) essaient de nous vendre la même histoire d’espèces uniformes et d’aliments industriels. L’histoire est cependant moins convaincante aujourd’hui, quand on considère que près d’un quart de la planète souffre de la faim et que les rendements agricoles n’ont pas bougé depuis les années 1980. En fait, si l’on regarde les conséquences environnementales – particulièrement dans le contexte actuel où le monde commence à se rendre compte de l’impact de ces transformations de l’agriculture et de l’ensemble de notre système alimentaire sur le changement climatique - on est plus près du film d’horreur que du conte de fées.

Les scientifiques sont d’accord pour dire que l’agriculture est maintenant responsable de près d’un tiers de toutes les émissions de GES d’origine humaine. Mais le fait de mettre toutes les formes d’agriculture dans le même panier masque la vérité : En effet, dans la plupart des pays très agricoles, l’agriculture n’a que peu d’influence sur le changement climatique. C’est dans les pays qui ont le plus grand pourcentage de population rurale et dont l’économie est la plus dépendante de l’agriculture qu’on observe les émissions de GES par habitant les plus basses.14 Pour exemple, bien que l’agriculture canadienne ne cause, semble-t-il, que 6 % des émissions totales de GES du pays, ce chiffre représente 1,6 tonnes de GES par Canadien ; par comparaison, en Inde, où l’agriculture est nettement plus importante pour l’économie, les émissions de GES par habitant ne se montent qu’à 1,4 tonnes pour toutes les sources, et seulement 0,4 tonnes pour l’agriculture.15 Le genre d’agriculture pratiqué peut donc faire une grande différence et montrer du doigt l’agriculture en général n’a pas de sens.

De surcroît, quand on détaille l’ensemble de la contribution de l’agriculture au changement climatique, on s’aperçoit que seule une petite partie des activités agricoles sont responsables des émissions de GES. La déforestation provoquée par le changement d’affectation des terres représente à peu près la moitié du total ; pour ce qui est des émissions à la ferme, les principaux coupables sont de loin la production animale et les engrais. Toutes ces sources de GES sont étroitement liées à l’expansion de l’agriculture industrielle et à la mondialisation du système alimentaire (cf. encadré : « Les racines de la déforestation » et les articles de ce numéro de Seedling sur le sol et l’élevage). Notre système alimentaire est largement dépendant des énergies fossiles, et le transport routier et maritime d’un bout du monde à l’autre de la planète des intrants et de la nourriture - dans tous leurs emballages en plastique – alourdit considérablement notre empreinte carbone.

Étant donné que la majorité de l’énergie utilisée dans le système alimentaire industriel provient de la combustion d’énergies fossiles, cette énergie se traduit directement par des émissions de GES. Le système alimentaire américain à lui seul est censé représenter le pourcentage impressionnant de 20 % de la consommation des énergies fossiles du pays. Ce chiffre comprend l’énergie dépensée à la ferme pour faire pousser la nourriture et tous les procédés post-agricoles comme le transport, l’emballage, la transformation et le stockage de la nourriture. Selon l’Agence de protection de l’environnement (EPA) américaine, les agriculteurs américains ont émis en 2005 autant de dioxyde de carbone que n’en ont émis 141 millions d’automobiles la même année ! L’inefficacité de ce système alimentaire est telle qu’il faut 10 calories d’énergie fossile non renouvelable pour produire une seule calorie de nourriture.16

La façon dont l’agriculture industrielle utilise l’énergie n’a rien à voir avec les usages de l’agriculture traditionnelle. On a beaucoup parlé de l’efficacité et de la productivité de l’agriculture industrielle par rapport aux pratiques traditionnelles des pays du Sud, mais si l’on prend en compte l’efficacité énergétique, rien n’est plus éloigné de la vérité. Des calculs de la FAO montrent qu’en moyenne, les agriculteurs des pays industrialisés consomment plus de cinq fois plus d’énergie “commerciale” pour produire un kilo de céréales qu’un agriculteur africain. Si l’on prend des cultures spécifiques, les différences sont encore plus spectaculaires : Pour produire un kilo de maïs, un agriculteur américain dépense 33 fois plus d’énergie commerciale que son voisin mexicain. Pour obtenir un kilo de riz, un agriculteur américain utilise 80 fois l’énergie commerciale nécessaire à l’agriculteur philippin !17 Cette énergie “commerciale” dont parle la FAO représente le pétrole et le gaz naturel requis pour la production des engrais et autres produits agrochimiques, et pour faire marcher toutes les machines agricoles, c’est-à-dire des utilisations qui dégagent d’importantes quantités de GES.18

Il faut rappeler tout de même que l’agriculture elle-même ne représente que le quart environ de l’énergie utilisée pour amener la nourriture jusqu’à notre table. Le véritable gaspillage d’énergie et la pollution sont dus au système alimentaire dans son ensemble : la transformation, l’emballage, la congélation, la cuisson et le transport de la nourriture. Les plantes servant à fabriquer l’alimentation animale peuvent être ainsi cultivées en Thaïlande, transformées à Rotterdam, nourrir des animaux dans un autre pays et finir dans un McDo aux États-Unis.

Le transport lui-même consomme énormément d’énergie. Pour en revenir aux États-Unis, on a calculé que 20 % de tout les transports domestiques de marchandises servaient au transport de nourriture, dégageant 120 millions de tonnes de CO2. L’import-export alimentaire américain produit 120 millions de tonnes supplémentaires de CO2. Il suffit d’ajouter l’acheminement des aliments et des intrants (engrais, pesticides, etc.) vers les fermes industrielles, des plastiques et du papier vers les usines d’emballages, et les déplacements des consommateurs vers des supermarchés de plus en plus éloignés des lieux de vie, pour se faire une idée des gigantesques quantités de GES résultant tout simplement des contraintes de transport du système alimentaire industriel. Les autres grands coupables des émissions de GES étant la transformation, la congélation et l’emballage, qui représentent 23 % de l’énergie requise par le système alimentaire américain.19 Le résultat est un invraisemblable gaspillage d’énergie. À propos de gaspillage, le système alimentaire industriel jette jusqu’à la moitié de toute la nourriture produite, au cours du long voyage qui l’amène des fermes aux acheteurs, aux transformateurs, aux magasins et aux supermarchés. Cette nourriture perdue suffirait à nourrir six fois le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde.20 Et encore, personne n’a songé à calculer combien de GES dégage toute cette nourriture abandonnée.

Une grande partie de cet énorme gaspillage mondial serait évitable si le système alimentaire était décentralisé et l’agriculture désindustrialisée. Les petits producteurs et les consommateurs se rapprocheraient à nouveau et l’agrobusiness n’aurait plus sa place dans le système. La nourriture serait plus saine, les consommateurs plus heureux et la planète plus durable.

Mais tandis que nos décideurs contemplent ce qu’il faudrait faire pour répondre à la crise alimentaire actuelle et que s’accélère l’effondrement des systèmes indispensables à la vie de la planète,

tout ce qu’on nous propose est de continuer comme avant, en y ajoutant quelques “technotrucs” sans intérêt (cf. article sur la géoingénierie). Le régime de l’agroalimentaire est dans une impasse : il n’a que l’agriculture industrielle et les chaînes alimentaires mondialisées à nous proposer comme solution pour résoudre la crise, alors que ce sont justement ces activités qui provoquent le dérèglement climatique et aggravent sévèrement la crise alimentaire. Elles forment une sorte de cercle vicieux dont ne peuvent émerger que des extrêmes de pauvreté et de profits, creusant un abîme toujours plus profond entre ces deux mondes. Il est plus que temps de bouleverser de fond en comble le système alimentaire actuel.


Il est temps de revoir entièrement le système de la pêche

Fut un temps où la pêche était le moyen le plus efficace de produire de la nourriture sans émettre de gaz à effet de serre (GES). La pêche industrielle a totalement bouleversé la donne. Selon Seas at Risk de la North Sea Foundation, une NGO hollandaise en faveur d’une utilisation durable de la mer du Nord, non seulement la surpêche actuelle réduit la capacité des stocks de poisson déjà très diminués à résister à l’impact du dérèglement climatique, mais les grandes pêcheries commerciales sont une source majeure d’émissions de GES dans le monde.

Qu’on en juge :

• chaque tonne de poisson pêché (poids vivant) émet 1,7 tonnes de CO2 ;

• l’industrie de la pêche a brûlé 50 milliards de tonnes de fuel en 2000, pour attraper 80 millions de tonnes de poissons et invertébrés marins ;

• l’industrie de la pêche est responsable de 1,2 % de toute la consommation de pétrole du monde, une quantité égale à la consommation totale des Pays-Bas, le 18ème pays consommateur de pétrole ;

• le contenu énergétique du fuel brûlé par l’industrie de la pêche est 12,5 fois plus élevé que le contenu énergétique des protéines de tout le poisson pêché.27

Seas at Risk / North Sea Foundation : www.seas-at-risk.org/

Comment s’en sortir ?

Tout d’abord, soyons clairs, la crise climatique signifie qu’il faut d’abord abandonner le principe “les affaires continuent”, et tout de suite. La motivation du profit, en tant que principe de base de nos sociétés, a vécu et il nous faut organiser des systèmes de production et de consommation alternatifs, en fonction des besoins des personnes et en respectant la vie sur la planète. En matière d’alimentation, un tel changement ne peut se faire si le pouvoir est aux mains des grandes entreprises, comme c’est le cas actuellement. Nous ne pouvons pas non plus nous fier à nos gouvernements : la contradiction entre les recommandations émises par les scientifiques pour tenter d’empêcher un dérèglement climatique catastrophique et les décisions prises par les politiciens devient de plus en plus absurde. La force qui permettra le changement est en nous : elle est en germe dans les communautés dans lesquelles nous nous efforçons de reprendre le contrôle de nos systèmes alimentaires et de nos territoires.

Dans cette lutte, les principaux obstacles sont politiques, et non techniques. Nous pouvons redonner les semences aux paysans, éliminer les engrais et les pesticides, intégrer l’élevage dans des systèmes d’agriculture mixte, et organiser nos systèmes alimentaires de façon à assurer à tous une alimentation suffisante, saine, nourrissante – et sans plastique. Des milliers de projets et de réalisations dans toutes les communautés du monde sont déjà la preuve que cette transformation est possible. L’Évaluation internationale des sciences et des technologies agricoles pour le développement (l’IAASTD) elle-même, un projet soutenu entre autres par la Banque mondiale, en convient. Au niveau de la ferme, les réponses au changement climatique et à la crise alimentaire sont assez simples (cf. encadré : « Cinq étapes clés vers un système alimentaire capable d’offrir des réponses au dérèglement climatique et à la crise alimentaire »).

Les changements politiques, en revanche, sont plus difficiles à mettre en oeuvre. Mais là encore, il se passe beaucoup de choses sur le terrain. Même quand elles sont en butte à une répression féroce, les communautés locales résistent à de grands projets de barrages, de mines, de plantations et de d’exploitation forestière (cf. encadré : « L’affrontement de deux mondes dans l’Amazonie péruvienne »). Quoique rarement reconnue comme telle, cette résistance est au cœur de l’action pour le climat. C’est aussi le cas des mouvements populaires, tels le mouvement pour la souveraineté alimentaire, qui se rejoignent pour résister aux contraintes des politiques néolibérales et développer des visions collectives pour l’avenir. C’est de ces espaces et grâce à cette résistance organisée que jailliront les alternatives au système alimentaire que nous subissons actuellement. C’est là aussi que nous trouverons la force collective et les stratégies qui transformeront le système.



Le G8 (G20) et la crise climatique : les déclarations seront-elles suivies d’effets ?

Les gouvernements de certains des pays les plus puissants29 se sont récemment retrouvés en Italie et ont publié un document intitulé Responsible Leadership for a Sustainable Future (Une gouvernance responsable pour un avenir durable). Dans cette déclaration, ils informent le monde qu’ils sont « décidés à assurer une croissance durable et à répondre à l’ensemble des défis de la crise économique, de la pauvreté et du changement climatique. »

On pourrait en rire si la situation n’était pas si tragique.

Le monde est face à une crise économique majeure et la pauvreté augmente partout, y compris dans les pays du G8. Ces réalités sont le résultat de la gouvernance “responsable” exercée depuis des dizaines d’années par les gouvernements de ce groupe, et quelques autres.

Il ne viendrait à l’idée de personne d’accuser des pays comme les Tuvalu, les îles Fidji, le Laos, le Cambodge, la Papouasie-Nouvelle Guinée, la Gambie, la Namibie, l’Uruguay, Cuba ou la plupart des 192 États membres des Nations unies d’avoir provoqué ces problèmes qui ont pourtant déjà un impact sévère sur leurs populations.

Les gouvernements du G8 promettent aujourd’hui qu’il vont prendre “la tête du combat contre le dérèglement climatique », mais la réalité montre qu’ils font exactement le contraire : ceux qui protestent sont criminalisés au Royaume-Uni quand ils tentent d’empêcher l’utilisation du charbon ; des forages pétroliers sont prévus en Alaska ; les compagnies pétrolières et celles de gaz des pays du G8 continuent à tirer profit des énergies fossiles, tandis que la consommation dans ces pays aggrave la destruction des forêts tropicales.

Les pays qui souffrent déjà du dérèglement climatique n’ont jamais exprimé le désir d’être “menés” par le G8. Au contraire, ce qu’ils demandent, c’est que le G8 et quelques autres gouvernements puissants acceptent leur responsabilité vis-à-vis des problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés et fassent quelque chose, non pas d’ici 2050, mais immédiatement. Qu’ils ne se contentent pas de déclarations, mais qu’ils agissent concrètement ; qu’ils ne s’appuient pas sur les “mécanismes du marché”, mais sur une législation stricte.

Les peuples du monde et les écosystèmes ne peuvent plus tolérer qu’une poignée de gouvernements – grâce à leur puissance économique, politique et militaire – continue à exploiter la planète à leur profit. Il faut rappeler au G8 ce que signifie la démocratie : Le G8 doit accepter qu’il ne représente qu’une minorité et qu’il s’est accordé lui-même le seul mandat de gouvernance qu’il ait jamais reçu.

Le monde ne veut pas de la “gouvernance” du G8 ; il n’en a pas besoin. Cependant, le G8 se doit d’agir de manière “responsable” pour tenter de trouver des réponses au désastre climatique qu’il a provoqué lui-même. Ce que le monde attend, c’est que le G8 fasse coïncider ses paroles et ses actes.

World Rainforest Movement30


Lire la totalité de l’article ainsi que les références et les notes sur le site de GRAIN

à lire aussi l’article :

La terre au secours de la Terre : l’importance des sols face à la crise climatique


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