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LES DEUX ÂMES DE L’ÉCOLOGIE Une critique du développement durable

De Romain Felli
samedi 26 septembre 2009 par anik

l’écologie politique ou l’écologie par en bas

Les premiers penseurs de l’écologie demandaient une remise en cause fondamentale de nos modes de vie, en appelaient aux valeurs d’autonomie, d’autogestion, de décentralisation, de critique de la technique, de dépassement du capitalisme. L’écologie politique dénonce la spécialisation de nos sociétés (fondée sur la division croissante du travail) et la perte d’autonomie qui en découle. Les solutions « techniques » aux problèmes environnementaux apparaissent comme un leurre, en tendant non à réduire la croissance, mais à lui donner de nouvelles ressources. Pour l’écologie politique, le développement même de la technique est ce qui pose problème. Il n’y a pas neutralité de la technique, le développement technique est lié à celui du monde industriel et à la destruction de la nature par le mode de production capitaliste. L’écologie politique prend aussi le contre-pied d’une certaine gauche productiviste et autoritaire. Par exemple à propos des nationalisations, il n’y a aucune différence entre un État au service des multinationales et des multinationales au service de l’État. Pourquoi l’État serait-il nécessairement moins exploiteur que certaines sociétés ou certains individus ?

Le salut passe par la sortie du système étatique en élaborant des microsociétés de base se gouvernant elles-mêmes, associées entre elles. La recherche d’autonomie se traduit par l’autolimitation. Au niveau collectif, l’autonomie de la société signifie la capacité de subvenir à ses propres besoins sans mettre en danger les cycles écologiques ou les ressources naturelles. Il y a autorégulation conviviale. Ivan Illich appelait conviviale une société où l’outil moderne est au service de la personne intégrée à la collectivité, et non au service d’un corps de spécialistes. Conviviale est la société où l’individu contrôle l’outil. L’homme a besoin d’un outil avec lequel travailler, non d’un outillage qui travaille à sa place. Il a besoin d’une technologie qui tire le meilleur parti de l’énergie personnelle, pas d’un outillage qui l’asservisse et le programme. Un exemple de reconquête de l’autonomie serait la création d’ateliers communautaires autogérés, à l’échelle des quartiers. Dans cette optique, tout le monde peut être son propre médecin (au moins pour la plupart des affections courantes) et l’éducateur de ses enfants. Le simple fait d’utiliser des objets construits pour durer et pour être réparables facilement par tout un chacun est déjà un pas vers plus d’écologie et moins de production.

L’écologie politique place enfin au cœur de ses préoccupations l’exigence démocratique. En tant qu’elle considère les individus comme fondamentalement égaux et responsables, elle ne peut que promouvoir une version forte de la démocratie. La sphère du débat et la sphère de la décision sont peuplées des mêmes personnes. C’est l’écologie par en bas.

ISBN : 978-2-296-05749-4


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