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La vieille valette

mercredi 24 juin 2009 par anik

La Commune de Rochessadoule présente en 1983, un projet de centre d’accueil associatif et bénéficie depuis, d’une convention sur les bâtiments en ruines et terres incultes, rendue caduque par l’abandon du projet.

1991 Un groupe d’artistes squatters parisiens en quête de cohérence, décide de concrétiser sa recherche d’autonomie. L’objectif est de créer un espace pluriactif rural de rencontres artistiques. Naissance des Articulteurs : artistes cultivateurs...

1992 Après trois mois de prospection, leur choix se porte sur la vieille Valette, petite vallée de l’ancien pays minier du sud des Cévennes, à l’abandon depuis trente ans. Cinq d’entre eux achètent à une personne âgée sans héritier et au nom de l’Association Résonances, un demi hectare de terrasse et la seule bâtisse qui n’appartienne pas au Ministère de l’Agriculture. La Commune de Rochessadoule bénéficie, sur le reste du hameau en ruine et les terres en friches, d’une convention rendue caduque par l’abandon du projet de centre d’accueil qu’elle avait présenté en 1982. Cette première année d’installation est occupée par la découverte du site, de ses environ, du conseil municipal et des voisins, le campement, le débroussaillage, l’inventaire des ressources du lieu (fruitiers, forêt, sources, terrasses, hameau en ruine) et de ses handicaps (orientation, vents irréguliers, état de la piste d’accès,

1993 Trois permanents sont installés, des visiteurs passent régulièrement. Un projet est rédigé. Les activités tournent autour de : construction de cabanes, contacts administratifs, tentative de mise hors d’eau de bâtiment, débroussaillage, petite maçonnerie, etc. Des échanges de coup de main avec des sympathisants des environs, prouve l’intérêt de certains pour le projet.

1994 Les activités agricoles se développent avec l’arrivé de chèvres, la création de jardins, mais le manque de confort, la difficulté des travaux de maçonnerie ou de mécanique, réduisent l’équipe à 2 permanents, une petite fille naît.

1995 Au printemps une troupe de théâtre de rue s’installe pour créer un spectacle puis partir en tournée. Une nouvelle dynamique découle de la présence de cette équipe en recherche de tranquillité et de qualité de vie. Un conseil est mis en place afin de développer la gestion collective du site. Deux chevaux s’installent, c’est le retour de la traction animale, principalement pour les travaux agricoles et forestiers.

1996 Un grand chapiteau est construit. Une commission, réclamée par la Commune, sous la pression des chasseurs vient sur le site. Un arrêté préfectoral décrète toute la vallée insalubre. Un Recours est engagé devant les tribunaux administratif, un comité de soutien se forme. Un nouveau dossier est présenté aux administrations, demandant à l’ONF d’accorder un bail sur ces terres, propriétés du Ministère de l’Agriculture, à la MSA et la chambre d’agriculture d’accorder un statut, à la préfecture d’annuler son arrêté, à la commune et aux autres administrations, de reconnaître cette expérience comme bénéfique.

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Le Collectif adopte une charte, organise des journées portes ouvertes, s’investit dans le Système d’Echange Local.

1997 Pour répondre à la demande préfectorale, le chapiteau est démonté. Les 1ere Rencontres de la Valette regroupent une centaine de personnes Une partie de la toiture de la maison associative est achevée. Le confort des parties communes augmente grâce à la réalisation d’un fournil, une cuisine, une bibliothèque, une salle de musique, un bureau, un atelier, un lieu d’informations et de débats. L’équipe s’étoffe pour atteindre dix permanents, les repas regroupent en moyenne une quinzaine de participants. Le maraîchage, l’arboriculture, l’élevage se développent , de nombreuses terrasses sont défrichées et mises en culture. La tenue d’une réunion où seraient présents l’ONF, la Mairie, la Préfecture, est demandée.

1998 Une troupe de théâtre se crée, Plusieurs rencontres et fêtes, permettent aux nombreux sympathisants de découvrir le site et le projet. Le toit de la maison commune est posé. Trois maisons du hameau sont habitables, d’autres troupes viennent créer ou montrer leur spectacle.

1999 La vallée est toujours frappée d’insalubrité par la préfecture, la municipalité toujours méfiante, mais face aux travaux réalisés et aux progrès accomplis, les autorités locales commencent à voir les choses d’un autre œil... Une vingtaine de terrasses sont ouvertes à l’agriculture, trois maisons sont restaurées, portant ainsi à six le nombre de maisons habitées dans le village. Dans l’aile gauche de la maison associative sont installés un secrétariat, un l’atelier vidéo et une salle polyvalente. Construction d’une grande scène couverte en extérieur. En juillet stage de théâtre (clown), En août, soirée vivante tous les vendredi (spectacles, poésie, musique et gastronomie). Achat d’un ordinateur et d’un scanner, lancement du magazine " Vivalternative ". Le premier festivalette a lieu en novembre, musique, théâtre, rencontres, débats (sur les énergies non polluantes et les constructions bioclimatiques), hébergement et repas sont offerts pendant trois jours à de nombreux participants venues des quatre coins du monde.

2000 La production agricole augmente considérablement grâce à la maîtrise de la traction animale, l’amélioration du réseau d’irrigation et une meilleur répartition des cultures. La rénovation du hameau s’accélère, quatre nouveaux batiments sont mis en chantier, une maison munie d’une citerne située à l’entrée de la vallée (un kilomètre en amont du hameau) est restaurée. Une scierie-menuiserie est installée. Le nombre de permanent est maintenant de quinze personnes. Un deuxième festivalette est organisé en mai. Un site est ouvert sur Internet (http://collectif.valette.free.fr). La requête d’annulation de l’arrêté préfectoral d’insalubrité datant de 1996 est rejetée par le tribunal administratif d’appel qui mentionna que son jugement est fondé sur la situation passée d’il y a quatre ans.

2001 L’aile EST de la maison associative est aménagée (salle polyvalente arts corporels et danse, studio d’enregistrement, atelier peinture et dessin). La sculpture sur pierre pratiquée depuis 1997, devient omniprésente. L’association modifie ses statuts pour adopter une forme plus collégiale sans hiérarchie. »


AutoOrganisation

La charte du Collectif de la Valette

En venant à la Valette, je m’engage à être corresponsable et à nourrir par ma participation concrète, le projet d’alternative autonome du Collectif.

Je suis aussi responsable de mes affaires, de mes animaux, de mes enfants et de moi-même.

Je peux définir mon engagement et mes projets en accord avec tous.

Si j’ai des revenu, J’en verse l’équivalent pour mon séjour, d’un tiers (ou une moitié) au caissier du mois, qui gère l’autofinancement collectif .

Je refuse tout abus nocif au collectif et Je balaye devant ma porte.

Je laisse le site, la cuisine et le matériel au moins aussi propre et en ordre que je l’ai trouvé.

Je m’engage, en habitant à la Vieille Valette, à respecter la charte et à accepter toute suggestion pour y parvenir.

Je vivrai jusqu’à la mort.

Le fonctionnement du conseil

Le conseil du Collectif de la Valette a lieu tous les Lundi de 14 h à 15 h 30, avec possibilité de séance extraordinaire en réponse à une urgence. Il répond à la nécessité d’information mutuelle des participants et de mise en commun des énergies. Il existe grâce à la présence des membres du Collectif, est ouvert à tous ceux et celles qui veulent le rencontrer. Il est préparé et animé par un ou deux membres actifs (secrétaires), en recherche de paix et de neutralité. Une liste de thèmes différents, techniques (par exemple moutons, jardinage, mécanique, économie/caisse, fête), ou relationnels (par exemple engagement, expression des non dit, attentes), répondant à une actualité ou un besoin, est préalablement établi. Les propositions de thèmes apparaissent sur le tableau à craies. Un conseil relationnel par mois est souhaitable, pourquoi pas à la pleine lune. Un bilan de l’avancé des chantiers est effectué périodiquement. Les animateurs du conseil décident d’un lieu, de la présentation et du mode de clôture (un mot de la fin, ex. : lire un poème, une action, ex. : manger des crêpes). Ils énoncent les sujets à l’ordre du jour et pose clairement les questions choisies. Ils assurent les tours de tables et se doivent de motiver les prises de paroles afin que tous les avis s’expriment clairement. Ils prennent des notes écrites. Il est fait en sorte qu’un compte rendu soit consultable ( sur le panneau et dans le livre des conseils), afin d’informer les absents. La séance peut s’ouvrir en énonçant les points de fonctionnement qu’il semble utile de rappeler.

Les participants au conseil doivent respecter :
- une circulation et un temps équitable de parole (si nécessiare en faisant tourner un verre d’eau ou par toute autre méthode)
- un temps de silence après chaque intervention (afin de rester calme et de prendre le temps de réfléchir)
- la parole de chacun, pour écouter celui qui s’exprime et éviter les dialogues ping-pong.
- le "rituel" du conseil pour qu’il soit concis et efficace.

L’équipe animante peut veiller, avant de clore l’assemblée à ce que :
† le fonctionnement de la caisse, du livre de témoignages et des tableaux de participation soit compris.
† les tableaux de participation (repas, chantiers, animaux, …) soit remplis,
† les prochains thèmes et ordres du jour soient décidés.
† Les réunions techniques sur les sujets à approfondir, soient prévues.
† au moins deux membres préparent le prochain conseil.
† aucune remarque ou question ne soit laissée en suspend.

Les finances du Collectif

Le Collectif fonctionne et investi dans son projet d’autonomie grâce aux revenus mis en commun dans "la caisse". Nous ne demandons pas à mettre en branle la machine admidustrielle pour financer un site de tri des déchets, l’entretien de la forêt, une station d’épuration, un troupeau de moutons, une aire d’acceuil pour gens en voyage ou un magazine, nous y perdrions le temps que nous préferons investir dans l’authentique ! Ces actions pourraient, si un agent administratif, quelqu’il soit, le décidait subitement, bénéficier de l’aide aux installations agricoles en zone de montagne, paturages, améliorations de l’habitat, entretiens d’espaces ruraux, actions sociales, culturelles, insertions ou formations.

Mais, et ce afin de concerver notre autonomie, nous les réalisons au mieux, en bloc et avec les moyens économiques dont nous disposons, c’est mathématicoéconomique ...
Nous investissons dans ces projets (sur le site, pour l’instant encore occupé sans titre) grâce à la participation des membres, les échanges , des services/produits à prix libres ou gratuits, les dons des sympathisants et la mis en commun des revenus (souvent le RMI perçus par certains). L’objectif est de permettre, à terme, de s’affranchir de l’assistanat, en menant les projets (agricole, culturel , artisanat, ...) en concertation avec des partenaires.

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