robin-woodard

Faut-il nourrir les pauvres ?

mardi 2 juin 2009 par anik

L’obligation alimentaire à l’égard des pauvres est un thème récurrent dans l’histoire de la pensée économique. Cette ardente obligation morale du souverain à l’égard de son peuple, encore fort présente dans la période moderne de notre histoire, tend progressivement à s’émousser au fil du temps. De plus en plus de contreparties, en travail notamment, sont exigées de la part de ceux qui apportent leur secours. La responsabilité du pauvre lui-même à l’égard de sa situation est mise en avant le plus souvent pour restreindre l’aide collective publique. La confiance dans les lois du marché dès le XVIIIe siècle déresponsabilise de plus en plus l’État nourricier. Pourtant cette réponse s’avère dans bien des cas insuffisante. Dès le milieu du XIXe siècle, une évolution idéologique sur la question sociale prépare l’avènement de l’État providence. Mais la critique de son action aujourd’hui renoue avec les vieilles idéologies du « mauvais » pauvre.

L’article étant en copyright, vous pouvez le lire ici.

Mais c’est une question primordiale aujourd’hui qui mériterait d’aller plus loin encore que ce que n’en fait l’auteur.

En effet, entre la nourriture périmée voire souvent moitié pourrie, les conserves toujours les mêmes des restos du coeur de certaines villes, les épiceries sociales vides mais qui n’offrent pas mieux, les pauvres sont stigmatisés et forcés à consommer les poubelles industrielles tout en devant se soumettre à des administrations de "points" totalement humiliants et absurdes, sans parler de commentaires totalement désobligeants qui les accompagnent..

Si j’arrive un jour au point de devoir faire les poubelles, au moins j’essaierai d’abord celles des magasins bio !

La véritable question qui se pose est cependant celle-ci : quelles libertés ont vraiment les pauvres dans notre pays pour s’organiser collectivement afin de produire au travers de jardins collectifs leur propre nourriture ??
Il semble que les "organisateurs" des distributions penseront plus vite que les pauvres iront d’abord voler plutôt que de s’assumer, en cela il ânonent bêtement (pardon pour les ânes !!) la culpabilisation des individus qui fait partie de la politique actuelle.
Une personne des "jardins du coeur", interrogée sur l’activité desdits jardins et de la fourniture de nourriture saine et en quantité correcte affirmait que l’essentiel des jardins n’était pas la production mais l’insertion des personnes par le travail.

Ne serait-il pas grand temps que tous ces "travailleurs sociaux charitables" y compris "bénévoles" aient une autre réflexion sur la situation des pauvres ?
De plus en plus de pauvres et de précaires se méfient d’eux aujourd’hui et les fuient comme la peste, je dois avouer que je comprends pourquoi !!
Le monde a énormément changé et certainement pas en mieux, il serait temps que les "assistants" changent aussi et aient une vision plus humaine et plus politique des situations.


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