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Au Bangladesh, des dizaines de milliers de grévistes détruisent des centaines d’usines.

Écrit par Daniel
samedi 30 mai 2009 par anik

Le nombre de grèves violentes dans l’industrie textile suite au non-paiement des salaires et aux licenciements massifs est en progression constante. La grande nouveauté c’est que cette fois, les travailleurs détruisent systématiquement les usines et les équipements. Ce sont ainsi des centaines d’usines textiles qui ont été saccagées au cours des derniers mois. Apparement, les machines (surtout les fileuses et les machines à coudre) sont particulièrement visées par les ouvrier-E-s en colère et sont brisées à coups de barres en fer.

Un-E ouvrier-E dans l’industrie textile gagne environ 0,86$/heure en Chine, 0,51$/heure en Inde, 0,44$/heure en Indonésie, 0,38$/heure au Vietnam et ... 0,22$/heure au Bangladesh. Et ce malgré une inflation qui atteint les 20%.

Mais au pays des plus bas salaires du monde, rien ne va plus.

Le dernier embrasement en date a eu lieu le dimanche 10 mai 2009, lorsque les patrons de l’usine de fabrication de pulls Rupashi à Narayanganj (une cité portuaire et le centre des industries textiles) furent malmenés par un groupe d’ouvriers réclamant plusieurs mois de salaires non-payés. Le lendemain, les ouvriers se rendant au travail se retrouvèrent face à une usine fermée et cadenassée. Les travailleurs décidèrent alors de se rendre en cortège aux autres usines de la ville en entonnant des slogans contre l’exploitation. Des milliers d’autres travailleurs quittèrent leurs postes de travail pour les rejoindre. Des heurts se produisirent avec les agents de sécurité des usines. La violence se répandit comme une traînée de poudre : 20 000 travailleurs se mirent à saccager et à mettre le feu à des dizaines d’usines de textile et de filatures de coton. Les deux principales autoroutes du pays furent bloqués et des véhicules incendiés. Les rues se transformèrent en champs de bataille entre les ouvriers enragés d’une part et l’armée (y compris le régiment d’infanterie qui tenta un coup d’état sanglant il y’a deux mois de cela) de l’autre. Dans la soirée, les ouvriers du textile des principales autres villes manufacturières du Bangladesh déclenchèrent également des émeutes.

Les syndicats officiels, complètement débordés, ont condamné ces “coups de folie”, ainsi que “la destruction insensée du matériel”.

Usine textile en flammesDe son côté la fédération patronale du Bangladesh, la BGMEA, a déclaré que “le plus grand défi auquel doit désormais faire face l’industrie textile de notre pays est le problème de la sécurité. Encore et toujours de la sécurité !"

La BGMEA a menacé de fermer tous les sites de production à partir de juin 2009 si le gouvernment ne prend pas des mesures immédiates contre le “vandalisme des salariés du textile dont le coût devient absolument exorbitant”.

Cependant, malgré l’opposition farouche de la BGMEA, certains patrons ont d’ores et déjà accordé des augmentations de salaire de 20% à leurs employés.

Un exemple à méditer pour la France ?


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