robin-woodard

Semaine anti-OGM en Espagne

vendredi 17 avril 2009 par anik

Voici plusieurs articles sur ce sujet, la journée de demain est importante car l’Espagne est devenue la porte aux OGM depuis quelques années et ce sont des milliers d’hectares qui y sont cultivés contre l’avis des populations et aussi détruisant toute possibilité de faire du bio.

études scientifiques OGM inefficaces dangereux santé OGM : rendements médiocres, impact sanitaire catastrophique, le mirage s’estompe...

15 avril 2009 10:13, Les mots ont un sens, par Napakatbra

Rendements médiocres aux Etats-Unis, impact sanitaire catastrophique en Argentine, interdiction du MON810 en Allemagne... Tout cela en 24 heures : un mardi noir pour les OGM. D’autant que ces révélations font suite à une longue série de mauvaises nouvelles. Quand la citrouille redevient fléau...
OGM rendements faibles - danger pour la santé

Des maïs OGM victimes d’un bug en Afrique du Sud, et dont la récolte est anéantie. Des gènes de maïs génétiquement modifié qui contaminent des variétés sauvages à grande échelle, au Mexique. Des OGM (dont certains interdits en Europe) qui se retrouvent dans l’assiette du gentil consommateur belge, y compris dans l’alimentation biologique. Des scientifiques qui s’insurgent contre l’obstruction des firmes semencières, aux Etats-Unis. 2009 commence mal pour les OGM. Et le flot des mauvaises nouvelles ne se tarit pas : hier, mardi, pas moins de quatre informations de première importance ont filtré.

Céréales Killers, les OGM aux rendements médiocres

Mardi, une étude américaine réalisée par l’Union of Concerned Scientists (institut indépendant regroupant 250 000 membres scientifiques et citoyens) révélait que les cultures OGM ne contribuent guère à améliorer les rendements agricoles. Au contraire, favorisant la prolifération des mauvaises herbes résistant aux herbicides, elles tendraient de plus en plus à freiner la production. Les malotrus vont même jusqu’à déclarer que l’amélioration des techniques de sélection traditionnelle et d’autres pratiques agricoles classiques seront plus efficaces dans la stimulation de la production. "Malgré 20 ans de recherche et 13 ans de commercialisation, précisent-ils, la technologie génétique a échoué a accroître les rendements agricoles américains". Chou blanc pour Monsanto, Syngenta et autres Dow Chemical...

L’Argentine se meurt de son soja transgénique

Mardi (aussi), La Croix publiait un article relatant l’épopée argentine d’un soja transgénique résistant au Roundup. Deux productions Monsanto. La culture couvre aujourd’hui la moitié des terres agricoles du pays. Sacrée performance. Sauf que pour le coup, l’usage massif et irraisonné de l’herbicide "100% biodégradable", selon le slogan de la firme plusieurs fois condamnée pour publicité mensongère, fait des ravages dans la population.

Cancers des intestins, tumeurs au cerveau, leucémies... Sur les 5 000 habitants du village de Ituzaingo Anexo, en banlieue de Cordoba, à 700 km au nord-ouest de Buenos Aires, plus de 200 cas de cancers ont été recensés. Un exemple parmi d’autres. La justice vient de reconnaître la responsabilité des cultivateurs de soja et des épandeurs de Roundup, sans toutefois édicter de règles préventives. Autre sujet en suspens : la toxicité du Roundup, et son impact sur la qualité des eaux, des sols et des cultures qu’il contamine.

Le Roundup 100% toxique

Mardi (encore), à ce sujet, une nouvelle étude scientifique argentine était publiée, qui confirme que le glyphosate (composant chimique du Roundup) est hautement toxique et provoque des effets dévastateurs sur des embryons d’amphibiens. Le laboratoire à l’origine de l’étude (la faculté de médecine Conicet) a ainsi montré qu’à des doses jusqu’à 1500 fois inférieures à celles utilisées dans les traitements agricoles, des troubles intestinaux et cardiaques, des malformations et des altérations neuronales étaient constatés.

Le Professeur Séralini de l’Université de Caen avait déjà publié en avril 2007 les résultats de recherches qui ne laissaient guère de place au doute. Même à des doses infinitésimales, le Roundup tue les cellules de cordon ombilical humain en quelques heures. Plusieurs composants du produit sont mis en cause, pas seulement le glyphosate. Ce phénomène est manifestement ignoré par les autorités.

Interdiction du MON810 en Allemagne

Mardi (enfin), l’Allemagne décidait d’interdire la culture du maïs OGM MON810 sur son territoire "dans l’intérêt de l’environnement". L’Allemagne est le sixième pays européen à prendre une telle mesure, contraire à l’avis de la Commission européenne. Cette décision intervient un mois après celle de l’Autriche et de la Hongrie, mais quelques jours seulement après que l’AFSSA ait réitéré pour la énième fois sa position favorable au MON810, et quelques semaines avant que la France n’examine une éventuelle levée de sa clause de sauvegarde.

Le mirage s’estompe.

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")


Lire aussi l’article dumonde :

OGM : la hausse des rendements contestée

Les organismes génétiquement modifiés (OGM) ne sont pas seulement la cible des critiques en Europe, où l’Allemagne vient de rejoindre le cortège des Etats ayant banni le maïs Mon810 de leur territoire. Aux Etats-Unis, patrie du groupe Monsanto, un rapport publié mardi 14 avril par l’Union of Concerned Scientist (UCS), un groupe indépendant d’experts né dans le giron du Massachusetts Institute of Technology (MIT), s’attaque au principal argument des fabricants de semences modifiées : la garantie de plus forts rendements.

"Depuis des années, les industriels claironnent qu’ils vont nourrir le monde, en promettant que les OGM produiront de meilleurs rendements. Mais après vingt ans de recherches et treize ans de commercialisation, les fermiers américains qui ont recours à ces semences n’ont guère récolté davantage à l’acre (0,4 hectare). En comparaison, l’agriculture traditionnelle continue d’avoir de meilleurs résultats", affirme l’auteur du rapport, Doug Gurian-Sherman.

Pour aboutir à cette conclusion, ce biologiste a passé au crible toutes les statistiques et études académiques publiées sur le soja et le maïs, les deux cultures transgéniques les plus répandues aux Etats-Unis, oùprès de 90 % des surfaces plantées en soja le sont en OGM, tout comme plus de 60 % des surfaces consacrées au maïs.

Trois OGM dominent le marché. Une variété de maïs résistante à certains insectes nuisibles - comme la pyrale, une chenille qui dévore les tiges de la plante de l’intérieur - et deux variétés tolérantes aux herbicides, l’une de maïs et l’autre de soja. Ces deux dernières "n’ont apporté aucune amélioration des rendements", affirme le rapport.

Concernant le maïs Bt (Bacillus thuringiensis), résistant aux insectes, comme le Mon810, l’accroissement de la production s’est avéré "marginal", sauf dans les cas de fortes invasions, où une hausse de 7 % à 12 % a pu être observée. Ces résultats s’appuient en partie sur des récoltes obtenues en Europe, où le maïs Bt est largement exporté.

La hausse de la productivité au cours des dernières années tient davantage à d’autres facteurs d’innovation agricole, selon le rapport. L’auteur juge même en conclusion qu’il serait dangereux de miser sur les OGM pour assurer les besoins alimentaires d’une planète qui comptera 9 milliards d’habitants en 2050, soit près de 50 % de plus qu’aujourd’hui.

"FAUSSE PROMESSE"

Ce rapport n’est pas le premier à dénoncer la "fausse promesse" des OGM. Et le constat n’émane pas seulement de cercles réputés hostiles aux biotechnologies. En 2006, les chercheurs du ministère américain de l’agriculture, faisant le bilan des dix premières années de cultures transgéniques, ne constataient pas d’amélioration significative des rendements. Alors que les enquêtes réalisées auprès des fermiers montraient que ce point constituait la principale raison de se tourner vers les OGM.

Les semenciers ont jusqu’à présent catégoriquement réfuté ces affirmations. Proche des multinationales du secteur, le cabinet de conseil PG Economics expliquait, en février, que "les faits montrent que sur l’ensemble des pays ayant recours à des maïs OGM résistant aux insectes ravageurs, les rendements ont crû de 5,7 % entre 1996 et 2006". Et d’ajouter que "les performances sont d’autant plus fortes quand le pays a peu de moyens pour lutter contre les pestes animales". Toujours selon PG Economics, le coton transgénique aurait entraîné une augmentation des rendements de 50 % en Inde, le maïs OGM faisant de même à hauteur de 24 % aux Philippines.

En France, Luc Esprit, directeur de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM), se dit surpris par les conclusions de l’UCS : "Je ne peux parler que de nos résultats. Mais entre 2005 et 2007, jusqu’à ce que le Mon810 soit interdit, nous avons enregistré, en moyenne, un écart de 6 à 8 quintaux à l’hectare entre les parcelles de maïs OGM et les parcelles traditionnelles."

Ce débat sur les rendements s’ajoute à ceux concernant l’innocuité des OGM sur la santé humaine et leur incidence sur l’environnement. Mercredi 15 avril, la Commission européenne (après avoir vainement tenté de jouer les gendarmes contre les pays récalcitrants) a décidé de se donner le temps de la réflexion sur le Mon810.

Laurence Caramel


Le Collectif du Pays Basque interpelle le plus grand producteur d’OGM d’Europe

Par Goizeder TABERNA

La contestation s’amplifie sur le territoire espagnol, chez le plus grand producteur d’OGM d’Europe. Aujourd’hui, les mobilisations contre les OGM vont s’étendre à toute l’Europe. Ainsi, en préambule de la manifestation qui aura lieu samedi prochain à Saragosse, le Collectif Alerte OGM a appelé au rassemblement, aujourd’hui, à 12 heures, devant le Consulat d’Espagne.

« Peu à peu, la population espagnole s’est appropriée de ce débat », commente Maite Goienetxe, membre du Collectif Alerte OGM Pays Basque. En effet, l’Etat espagnol a produit 79 300 ha en 2008, dont 5 200 ha en Navarre. La Communauté Autonome Basque s’est déclaré « région sans OGM », cependant « cette décision entre dans les compétences de l’Etat », commente Maite Goienetxe.

Circuit sans OGM impossible

Et c’est en Aragon, où la production est la plus grande (33 000 ah) que vont se réunir les anti-OGM. Dans cette région, les paysans ne peuvent pas produire sans OGM, tellement la contamination est grande. Et « il est impossible d’assurer un circuit sans OGM », affirme la militante du collectif basque. Les agriculteurs du Pays Basque nord pourraient acheter du maïs OGM en Navarre, par exemple. C’est le cas du soja originaire du Brésil et de l’Argentine qui s’est installé dans le marché européen.

Toutefois, le groupe des Etats européens qui ont appliqué le moratoire sur l’OGM enfle. Mardi, l’Allemagne a interdit la production d’OGM MON810 de Monsanto dans son territoire. Il a ainsi rejoint les Etats qui l’ont fait avant lui : l’Autriche, la France, la Grèce, la Hongrie et le Luxembourg. Une décision qui se base sur deux nouvelles études qui démontrent que la semence présente un risque pour certains insectes, tels que les coccinelles, les papillons et les puces d’eau.

Lire la suite.


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 312 / 595910

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Dossiers, alternatives, politiques et réflexions  Suivre la vie du site Écologiques   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.21 + AHUNTSIC

Creative Commons License