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Albanie et Kosovo : les camps de la mort de l’UÇK

par Altin Raxhimi, Michael Montgomery & Vladimir Karaj
mercredi 15 avril 2009 par Pierre

L’Armée de libération du Kosovo (UÇK) a disposé d’un réseau de prisons secrètes en Albanie et au Kosovo, durant le conflit de 1999, et plusieurs mois après la fin de celui-ci. À Kukës et dans ces autres centres de détention, des Albanais accusés de « collaboration », des Serbes et des Rroms ont été torturés et assassinés. La chape de plomb qui a longtemps pesé sur ces exactions commence enfin à se lever. Se basant sur des documents de l’Otan et sur les témoignages de survivants et de témoins oculaires, le Balkan Insight publie une enquête explosive et accablante.

Publié par BIRN (Balkan Investigative Reporting Network) le 9 avril 2009

Dans un complexe industriel désaffecté de Kukës, en Albanie, où des fenêtres cassées s’ouvrent dans des murs décrépis, les poulets picorent le sol à la recherche de nourriture, tandis que deux vieux camions rouillent tranquillement dans une cour délimitée par des entrepôts abandonnés et par le bâtiment d’un ancien magasin à deux étages, qui tombe littéralement en ruine.

Au milieu de ce complexe laissé à lui-même se trouve une cabane en moellons. Il y a longtemps, elle abritait les bureaux de l’usine de pièces mécaniques qui produisait presque tout, des plaques d’égout aux cages d’ascenseurs.

Durant la campagne de bombardement menée par l’Otan contre l’ancienne Yougoslavie, de mars à juin 1999, ces installations ont été converties à un tout autre usage. Elles ont été occupées par la guérilla de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK), comme base arrière pour ses opérations de l’autre côté de la frontière, au Kosovo, alors sous contrôle de la Serbie.

Cependant, l’usine désaffectée n’a pas servi uniquement de quartier général aux membres de la guérilla qui combattaient le régime de Slobodan Milošević. Le complexe industriel de Kukës a eu d’autres fonctions, bien plus sinistres : des dizaines de civils, en effet, y ont été retenus en captivité, frappés et torturés. Certains y sont morts et leurs restes n’ont jamais été retrouvés. Ces prisonniers étaient principalement des Albanais du Kosovo soupçonnés de collaboration, mais aussi des Serbes et des Rroms. Quant à ceux qui ont organisé et ordonné ces méfaits, il s’agit certainement d’officiers de l’UÇK.

Au moins 25 personnes ont été emprisonnées à Kukës, d’après les témoins. Parmi elles, se trouvaient trois femmes albanaises du Kosovo. Dans le camp, au moins 18 personnes ont été assassinées, tandis que les autres ont été secourues par des troupes de l’Otan.

Il semble que Kukës ait hébergé l’un des nombreux centres de détention secrets en Albanie et au Kosovo. Les prisonniers auraient ainsi été transférés d’un lieu à un autre.

Même après la fin de l’intervention de l’Otan, un camp a poursuivi ses activités à Baballoq/Babaloc, au Kosovo même. Une trentaine de Serbes et de Rroms y auraient été détenus. Ces personnes sont toujours portées disparues. D’autres camps en Albanie auraient gardé en détention des Serbes kidnappés au Kosovo après la guerre, affirment quatre sources.

Les noms de plusieurs individus ayant travaillé dans ces camps seraient d’ailleurs connus depuis un certain temps par la Minuk. De plus, l’un d’entre eux occuperait toujours un poste important dans le système judiciaire kosovar.

Bislim Zyrapi, haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur du Kosovo, qui était à l’époque responsable des opérations de l’UÇK à Kukës, nous a assuré que personne n’avait jamais été assassiné dans cette base.

Deux anciens haut gradés de l’UÇK ont aussi rejeté ces allégations lors d’entrevues séparées accordées à la BBC.

Le Premier ministre du Kosovo, Hashim Thaçi, qui était pendant la guerre le chef de l’aile politique de l’UÇK, ainsi qu’Agim Çeku, ancien Premier ministre et ancien chef d’état-major de l’UÇK, ont déclaré à la BBC ne pas être au courant de l’existence de prisons de l’UÇK, où des prisonniers auraient subi des sévices et où des civils auraient été détenus.

Hashim Thaçi s’est dit conscient que des individus avaient « abusé de leur uniforme de l’UÇK » après la guerre, mais il a ajouté que l’UÇK avait déjà pris ses distances avec ces actes. Il a également précisé que les abus commis avaient été « minimes ». Ashim Çeku, pour sa part, a soutenu que l’UÇK avait mené une « guerre propre ».

Toutefois, Jose Pablo Baraybar, directeur depuis cinq ans du Bureau des personnes disparues et de médecine légale de la Minuk, n’est pas de cet avis : « des gens qui sont certainement vivants aujourd’hui se sont retrouvés à Kukës, dans ce camp, en tant que prisonniers. Ces gens ont vu d’autres personnes là-bas, des Albanais et des non-Albanais. Des dirigeants de l’UÇK passaient par ce camp. Beaucoup de noms ont été mentionnés, et je dirais qu’il s’agit de faits établis ».

Jose Pablo Baraybar travaille à retracer le chemin de citoyens portés disparus au Kosovo et de l’autre côté de la frontière, en Albanie.

Karin Limdal, porte-parole de la mission de l’UE destinée à restaurer l’État de droit au Kosovo, l’Eulex, a admis que la mission était au courant des allégations concernant la base de Kukës. Elle a indiqué que des procureurs examinaient actuellement les preuves afin de déterminer si des accusations pouvaient être portées.

Ces graves allégations au sujet d’un camp à Kukës, dans le nord-ouest de l’Albanie, se fondent sur plusieurs sources : deux témoins oculaires – un ancien prisonnier et un ancien membre de l’UÇK –, les registres d’un cimetière en Albanie, ainsi que des documents de l’Onu auxquels nous avons eu accès. Ces documents relatent en détail les témoignages de personnes qui ont subi des mauvais traitements à Kukës.

Ces sources, lorsqu’elles sont réunies, dépeignent un régime carcéral brutal qui contraste avec les propos des anciens chefs de l’UÇK. Ceux-ci répètent qu’ils ont adhéré aux conventions internationales sur les Droits de l’homme et qu’ils n’ont jamais détenu de civils.

Or les sévices perpétrés à Kukës pourraient ne pas avoir été isolés. Selon d’anciens combattants de l’UÇK qui ont accepté de nous parler, et aussi d’après des témoignages fournis à des enquêteurs de l’Onu, l’UÇK aurait maintenu un réseau composé d’au moins six prisons secrètes sur la douzaine de bases qu’elle a utilisées en Albanie et les deux autres dont elle disposait au Kosovo, durant et après la guerre de 1999.

Ces prisons, dont la plupart étaient attenantes aux bases de l’UÇK en Albanie, étaient le théâtre d’interrogatoires où la torture faisait partie de la routine, si l’on en croit nos sources.

La plupart des anciens soldats de l’UÇK à qui nous avons parlé sont fiers de la guerre qu’ils ont livrée aux forces serbes, dont les exactions sanglantes ont provoqué, en 1999, un exode massif. Des centaines de milliers de civils albanais du Kosovo avaient alors dû fuir leur domicile.

Mais quelques anciens soldats reconnaissent avoir honte de ce que certains commandants et dirigeants de l’UÇK ont fait sous prétexte de la guerre.

La Mercedes jaune de la mort

« Cela semblait normal sur le moment », raconte un ancien combattant de l’UÇK, qui a été témoin des événements. « Mais aujourd’hui, quand on regarde en arrière, je sais bien que certains gestes commis à l’endroit de civils étaient condamnables. Mais les personnes qui ont commis ces actes font comme si rien n’était arrivé, et elles continuent de faire du mal à leur propre peuple, les Albanais. »

Un autre témoin oculaire, un Albanais du Kosovo, affirme avoir été détenu dans la prison de l’UÇK de Kukës, puisqu’il était accusé d’être un espion serbe, une allégation qu’il réfute avec véhémence.

Cet homme, qui a tenu à conserver l’anonymat, soutient avoir vu des soldats de l’UÇK maltraiter et torturer des prisonniers sur la base pendant des semaines, souvent sous la supervision d’officiers de l’UÇK.

« J’ai vu des gens battus, poignardés, frappés avec des bâtons », dit-il. « J’ai vu des gens privés de nourriture durant cinq à six jours. J’ai vu des cercueils qu’on enterrait. J’ai aussi vu des personnes tuées... »

L’homme qui raconte cette histoire insiste pour dire que la majorité des captifs étaient des civils non-combattants, surtout des Albanais accusés de travailler pour le compte du régime serbe, de même que quelques Rroms. Il y avait aussi quelques soldats de l’UÇK, emprisonnés par mesures disciplinaires.

Selon ces deux sources, trois prisonniers étaient des femmes kosovares albanaises. Deux autres étaient des Rroms de Prizren. Le reste était des prisonniers étaient constitué de jeunes Albanais du Kosovo, âgés de 20 à 27 ans, tous accusés de collaboration avec les forces serbes. L’ancien prisonnier poursuit en affirmant avoir entendu des cris en serbe, lancés par des captifs qui étaient torturés non loin de l’ancien complexe industriel.

L’ancien prisonnier relate avoir entendu « des gens hurler et pleurer sous la torture, et je pouvais reconnaître que le serbe était leur langue maternelle ».

Il raconte que certains prisonniers kosovars albanais ont été abattus par balle ou battus à mort sur la base, tandis que d’autres étaient conduits ailleurs dans une Mercedes jaune. Un prisonnier kosovar albanais est même mort devant lui et cinq autres prisonniers, après que les bourreaux qui l’interrogeaient lui aient tiré une balle dans le mollet et l’aient laissé sans soin médicaux.

Le registre du cimetière de Kukës jette un peu de lumière sur l’homme décédé après avoir reçu une balle dans le mollet.

Le registre indique qu’il a été enterré le 10 juin 1999, dans la section du cimetière réservée aux Kosovars albanais morts en Albanie pendant le conflit, c’est-à-dire quatre jours avant que les forces serbes soient définitivement expulsées du Kosovo.

« Chaque fois que je voyais la Mercedes jaune, quelqu’un montait dans cette voiture, et je ne revoyais jamais cette personne », se rappelle le témoin. « On ne les retrouvait jamais. »

Le témoin qui souhaite demeurer anonyme pense que les gens étaient placés en captivité pour des raisons variées, incluant la vengeance et la cupidité, de même que les soupçons d’espionnage pour le compte des Serbes.

Un des prisonniers avait travaillé comme policier dans la ville de Gjakova/Djakovica, dans l’ouest du Kosovo, sous le régime de Milošević. Il a été emmené dans la Mercedes jaune et jamais personne ne l’a revu.

Un autre était un professeur dont le seul crime apparent était de posséder un permis de port d’arme émis par les autorités serbes.

Le témoin autrefois détenu soutient que plus de 25 personnes étaient détenues à cet endroit entre mars et juin 1999, soit du début de la campagne de bombardement contre l’ancienne Yougoslavie jusqu’à ce que les troupes de l’Otan pénètrent au Kosovo.

Les prisonniers étaient essentiellement originaires de Prizren et de ses environs. L’UÇK les avaient appréhendés après que des vagues de Kosovars soient arrivées à Kukës, pendant toute la campagne de bombardement de l’Otan. Au moins l’un d’entre eux a été arrêté à Durrës, ou à Lushnja, dans le centre de l’Albanie, toujours selon ces sources.

Notre source, cet ancien détenu, relate aussi l’histoire d’un autre prisonnier, un Albanais du Kosovo. Celui-ci, à travers les barreaux de la fenêtre de sa geôle, criait aux soldats dans la cour que s’ils le tuaient, il avait six frères qui le vengeraient un jour ou l’autre. « Que ferez-vous avec eux ? », les défiaient-il.

D’après ces deux mêmes sources et les documents produits lors de l’enquête menée par la Minuk, certains des survivants ont été transférés juste après la guerre dans des cellules de détention du commissariat de police de Prizren, au Kosovo.

Le 18 juin, ces prisonniers, de même que d’autres personnes détenues par l’UÇK à Prizren furent libérées par des troupes allemandes de la KFOR, qui ont pris d’assaut le bâtiment.

Les mêmes sources estiment qu’au moins 18 captifs auraient pu être tués à Kukës.

La source, qui a été membre de l’UÇK, raconte : « je comprends qu’ils avaient coopéré avec les Serbes et fait beaucoup de mal. Cela a dû rendre fou les nôtres, quand on pense aux massacres qui se déroulaient de l’autre côté de la frontière. Mais leur traitement a été très brutal. Même à ce moment là, je me sentais désolé pour eux... ».

L’ancien prisonnier à qui nous avons parlé était plutôt sceptique quant au fait qu’un ou plusieurs captifs aient réellement et activement collaboré avec les escadrons de la mort serbes.

« Mais même s’ils avaient mérité un châtiment, personne n’avait le droit de faire cela [les actes de torture] à quelqu’un », dit-il. « Personne n’a le droit de faire des choses pareilles à d’autres êtres humains. »

Un réseau de camps

Kukës constituait sans aucun doute un site stratégique de première importance pour l’UÇK. Armes, uniformes, argent et nouvelles recrues arrivaient en quantité, dans les entrepôts, les magasins et les baraques.

La base était aussi importante pour la police militaire de l’UÇK qui, selon divers rapports, filtrait la masse de civils fuyant en Albanie ou directement expulsés du Kosovo par les forces serbes.

Une unité de l’armée albanaise stationnée à la base de Kukës assistait l’UÇK dans la préparation des opérations de la police militaire, selon plusieurs policiers qui ont répondu nos questions.

Il semble que Kukës n’était que l’un de centres de détention en Albanie et au Kosovo. Les prisonniers étaient fréquemment transférés de l’un à l’autre.

Deux captifs ont ainsi été amenés à Kukës en provenance d’une installation similaire de l’UÇK, située près de la ville de Burrel, relate l’ancien prisonnier, où l’UÇK utilisait des baraques pour l’entraînement de ses soldats pendant les deux derniers mois de la guerre.

« Ils nous ont parlé de gens qui se faisaient tuer là-bas, de gens qu’on jetait dans des fosses avec de la chaux », dit-il. « Je pouvais également constater ce qui se passait à Burrel, juste en voyant l’état dans lequel les prisonniers arrivaient de là-bas... Ils avaient été salement torturés... »

D’après les documents de l’ONU, nos entretiens avec les anciens membres de l’UÇK et l’ancien prisonnier, d’autres détenus ont été transférés à Kukës en provenance d’installations de l’UÇK situées à au moins deux endroits : Durrës et, après la guerre, de Prizren au Kosovo.

L’UÇK disposait d’unités de renseignement et d’unités de la police militaire dans la plupart de ses bases en Albanie.

Halil Katana, un journaliste militaire de Tirana, dans sa biographie autorisée de Kudusi Lama – le commandant de la division stationnée à Kukës – et intitulée Kudusi Lama : un général à la guerre, écrit : « ces unités [celles de la police militaire de l’UÇK] ont joué un rôle important dans la mise en place de la discipline au sein des groupes de l’UÇK, lesquels recevaient un entraînement à Kukës, ainsi que dans la capture d’agents serbes infiltrés dans le pays, parmi la masse de réfugiés qui affluait du Kosovo ».

Ces unités opéraient aussi dans des cellules de détention à Banine, un centre logistique près de la région frontalière de Tropoja, dans le camp d’entraînement de Burrel, ainsi que dans une base de l’UÇK à Durrës, toujours selon notre troisième source, un autre ancien membre de l’UÇK.

Bislim Zyrapi, qui occupe actuellement un poste enviable au ministère de l’Intérieur du Kosovo, était chargé des opérations de l’UÇK sur la base de Kukës, de début mai jusqu’à la fin des bombardements de l’Otan sur les restes de la Yougoslavie, le 10 juin.

Il soutient que les gens détenus dans les geôles de Kukës étaient des soldats présentant des problèmes disciplinaires et que personne n’a été assassiné sur la base ou dans les alentours. Mais il souligne que lorsqu’il est arrivé à Kukës, il a trouvé les troupes de l’UÇK en pleine débandade, avec des soldats armés et d’autres individus traînant en ville ou ailleurs en Albanie. « L’une des premières choses que j’ai eues à faire a été de restaurer la discipline », explique-t-il.

Les coupables courent toujours

Selon les témoins oculaires, deux citoyens albanais, liés à l’UÇK, ont pris part aux interrogatoires. Un homme, décrit comme portant de longs cheveux noirs, se montrait particulièrement brutal à l’endroit des Rroms de Prizren, révèle une des sources.

Cette source affirme que des combattants de l’UÇK, revenant du front au Kosovo, passaient leur rage sur les prisonniers.

Les autres sources racontent que les prisonniers étaient torturés après avoir avoué avoir collaboré avec les forces de sécurité serbes, l’UDBA. Les interrogateurs voulaient répertorier les prisonniers qui admettaient quelque collaboration que ce soit avec les Serbes.

La source qui a été détenue à la base de Kukës nous a révélé que les interrogateurs étaient des officiers de l’UÇK déjà impliqués dans l’arrestation des collaborateurs présumés.

Nos deux sources ont identifié plusieurs officiers de l’UÇK ayant participé à des sévices à Kukës. L’un de ces officiers assume aujourd’hui de hautes fonctions au sein du système judiciaire au Kosovo.

Nous avons tu les noms des quelques bourreaux présumés, afin de ne pas mettre en danger nos sources.

Certains individus impliqués dans les abus à Kukës ont en outre participé à l’enlèvement de citoyens kosovars après la guerre, assurent certains anciens soldats que nous avons interviewés.

Leurs cibles n’étaient pas les « traîtres » albanais, mais les Serbes ou les Rroms restés au Kosovo après l’entrée des troupes de l’Otan sur le territoire.

L’un des Albanais du Kosovo, qui est revenu au Kosovo après avoir passé plusieurs années à l’étranger, nous a confié avoir vu près de trente Serbes et Rroms détenus dans un camp de l’UÇK à Baballoq/Babaloc, près de Deçan/Dečani dans l’ouest du Kosovo, après la guerre, durant l’été 1999.

Il se souvient avoir entendu des cris venant de cet endroit et croit que les prisonniers étaient torturés. Lorsque les patrouilles de l’Otan ont traversé cette zone, les prisonniers ont été cachées dans un entrepôt, poursuit-il.

Cet ancien combattant de l’UÇK croit que le groupe de captifs a été emmené de l’autre côté de la frontière, en Albanie, et que les prisonniers ont été assassinés. « Je ne les ai jamais revus, je n’ai jamais rien lu sur eux dans les journaux », dit-il. « Alors, ils ont probablement disparu dans les montagnes... »

Source : Le Courrier des Balkans


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