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Sida : en Papouasie, un projet décrié pour implanter des puces sur certaines personnes

jeudi 27 novembre 2008 par anik

DJAKARTA — Dans une tentative extrême pour endiguer la propagation du sida, des parlementaires de la province indonésienne de Papouasie veulent implanter des puces électroniques sous la peau de certains patients porteurs du virus. Ce projet, vivement dénoncé par les responsables sanitaires et les militants des droits de l’Homme, a reçu le soutien des membres de l’assemblée provinciale.

Le parlementaire local John Manangsang explique qu’implanter une puce électronique sous la peau de porteurs du virus "sexuellement agressifs" permettrait aux autorités d’identifier, poursuivre et condamner les personnes qui contaminent délibérément les autres avec des peines allant jusqu’à six mois de prison ou 5.000 dollars (3.924 euros) d’amende.

Les détails techniques et pratiques doivent encore être réglés, a-t-il expliqué, mais le projet de loi a déjà reçu le plein soutien de l’assemblée provinciale et s’il obtient la majorité des voix, comme prévu, le texte sera promulgué le mois prochain.

L’Indonésie est le quatrième pays le plus peuplé du monde et son taux de contamination par le VIH est l’un de ceux qui progressent le plus rapidement en Asie, avec jusqu’à 290.000 contamination pour 235 millions de personnes, essentiellement à cause de la toxicomanie et la prostitution.

La Papouasie, la province la plus pauvre du pays, à l’extrême est, est la plus touchée. Son taux de contamination atteint près de 61 cas pour 100.000 personnes, soit 15 fois la moyenne nationale, selon une étude financée par la communauté internationale qui met en cause le manque d’informations sur les maladies sexuellement transmissibles.

"La situation sanitaire est exceptionnelle, alors nous devons prendre des mesures exceptionnelles", justifie un autre parlementaire Weynand Watari, qui envisage un système d’identification par radiofréquence comme ceux utilisé pour surveiller le bétail et les bagages.

Une commission serait créée pour déterminer qui serait équipé avec ces puces et qui surveillerait le comportement des patients. Il n’a pas encore été établi de façon claire qui serait chargé de la surveillance et comment le travail serait effectué, confiaient lundi des parlementaires.

Nancy Fee, coordinatrice du programme ONUSIDA en Indonésie, estime que ce projet de loi, dont elle n’a pas reçu encore le texte, suscite de "graves préoccupations". D’après l’instance des Nations unies, aucun autre pays dans le monde n’a mis en place de telles mesures.

"Personne ne devrait être soumis à des intrusions inutiles ou illégales dans sa vie privée", a-t-elle dénoncé, ajoutant que dans les pays où elles sont mises en place, les méthodes répressives de lutte contre le sida ne marchent pas. Ces méthodes n’ont pour effet que de terroriser les gens et plonger encore davantage le problème dans la clandestinité.

Les responsables sanitaires locaux et les militants de la lutte contre le sida ont dénoncé un projet "ignoble". "Les gens qui ont le sida ne sont pas des animaux, nous devons protéger leurs droits", a dénoncé Tahi Ganyang Butarbutar, un militant influent de Papouasie.

Source : Actualités VIH


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