robin-woodard

Discours d’ouverture du Forum Social Européen de Malmö

samedi 25 octobre 2008 par anik

Il y a des temps où nous pensons que la défense de ce que nous aimons n’est pas facile. Parce que les pouvoirs autour de nous qui détruisent notre planète, dérèglent le climat, privent les gens de nourriture, d’eau, tuent nos paysans en Inde, sont bien trop forts. Mais, souvenez-vous juste de ceci : il y a seulement trois jours, une des plus grandes banques d’investissement, une de plus, s’est écroulée.

A tous ceux qui sont présents ici, au forum social : tous mes voeux de paix, d’amour et salutations.

Il y a des temps où nous pensons que la défense de ce que nous aimons n’est pas facile. Parce que les pouvoirs autour de nous qui détruisent notre planète, dérèglent le climat, privent les gens de nourriture, d’eau, tuent nos paysans en Inde, sont bien trop forts. Mais, souvenez-vous juste de ceci : il y a seulement trois jours, une des plus grandes banques d’investissement, une de plus, s’est écroulée.

Je me souviens que lorsque nous avons commencé à nous battre contre la mondialisation, il y avait une entreprise au nom d’Enron, vous vous souvenez ?

Enron-sur-mer s’était déployée jusqu’en Inde car elle avait réussi à prendre les terres aux paysans, avait soudoyé le gouvernement, elle s’était même rendue à une réunion d’un conseil d’administration à dos d’éléphant se prenant pour la nouvelle moghole, et elle avait prononcé ces mots à l’époque : «  nous ne nous reposerons pas, tant que nous n’aurons pas privatisé la dernière goutte d’eau, ni le dernier watt d’électricité », et bien ils ont dû aller "se reposer" bien avant ça, ils n’existent plus, non plus !

Il faut dire qu’une économie fondée sur l’avidité ne peut pas durer et même si la mondialisation, qui n’est présente que depuis 15 ans, a détruit un nombre incroyable de vies humaines, elle est aussi auto-destructrice.

Même si nous ne faisions rien, même si nous n’organisions pas de forums sociaux européens, pas de forums sociaux mondiaux, de mouvements, ce système s’effondrerait. Mais ce que nous voulons éviter, c’est qu’il détruise nos vies !

Nous voulons un monde dans lequel le climat est sécurisé, où les gens ont à manger, où notre eau est un bien public, où nos graines ne sont pas la propriété brevetée de Monsanto, que la nourriture que nos fermiers produisent ne soit pas commercialisée par Cargill, ne soit pas un objet de spéculation, ne soit pas transformée en biocarburants, poussant encore une centaine de millions à la famine - s’ajoutant au milliard déjà privé de nourriture.

La famine d’aujourd’hui est une conséquence de l’avidité, ce n’est pas la conséquence de trop peu de nourriture. La soif d’aujourd’hui est une conséquence de la privatisation, même le changement climatique est la conséquence de la privatisation.

L’avarice de Monsanto a poussé deux cent mille paysans en Inde au suicide, alors est-ce que je vais les regarder, les laisser faire ?

Nous avons commencé une campagne appelée « graines d’espoir » : sous les yeux de Monsanto, nous distribuons des graines, nous travaillons avec les paysans pour qu’ils se mettent à l’agriculture biologique, nous travaillons pour nous assurer que nous façonnons nous mêmes notre futur, tout en résistant à la destruction.

Et la prochaine étape sera un des rassemblements de la communauté internationale aux portées les plus importantes, la grande conférence des parties sur le changement climatique.

J’ai fait partie du mouvement écologiste qui a été à l’origine du Sommet de la Terre, de la Convention sur la diversité biologique, de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, et j’ai envie de pleurer : de 92 à 2008, qu’ont fait les gouvernements ? Rien !

Pendant tout ce temps, c’est l’état de la planète qui est en danger, et ces trente dernières années ont vu la fonte des glaces, la montée du niveau des mers, les inondations, les cyclones. La moitié de l’humanité pourrait être en danger.

Nous devons commencer à penser à notre façon de donner un message clair sur ce qui doit être fait, sur ce qui peut être fait, et de commencer à le faire par nous même.

Nous avons vu qu’avec l’OMC, ce ne sont que négociations, parts des entreprises, bien-être des corporations. C’est de la vraie politique dont il s’agit ! Du droit des populations, du climat, de la diversité, d’égalité et de notre futur à tous.

Pendant plus de deux cents ans, les patriotes des temps modernes nous ont donné une culture des énergies fossiles appelée industrialisation et ont bousillé le climat.

Pendant 50 ans, ils nous ont donné une idée ahurissante du développement : à moins de détruire la planète, vous n’êtes pas un pays développé !

Pendant 15 ans, ils nous ont donné l’idée d’une mondialisation qui externalise les causes et privatise les profits.

Chacun de ces projets est entrain d’échouer. Parce que quand vous volez les fondations pour vous construire votre château, il s’effondre.

Nous sommes ici pour protéger les fondations, les bases de nos communautés, les bases de notre futur.

J’ai un espoir si profond en notre humanité. Je regarde, et dis ceci : « Enron n’est plus, Lehman Brothers n’est plus. Vous disparaitrez, Monsanto ! Vous disparaitrez, Cargill ! Vous disparaîtrez, Shell ! Vous disparaîtrez, BP ! »

Les gens continueront car la vie a continué !

C’est ce que nous pensons ! Merci !

Discours traduit par Musapill pour Passerellesud
où il est aussi possible de visionner la vidéo.


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