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Qui sont les Freegans ?

mercredi 22 octobre 2008 par anik

Les Freegans sont des personnes qui utilisent des stratégies alternatives pour vivre basées sur une participation minimaliste à l’économie conventionnelle et une consommation limitée des ressources,
Freegans valorise la communauté, la générosité, les préoccupations sociales, la liberté, la coopération, et le partage en opposition à la société basée sur le matérialisme, l’apathie morale, la compétition, le conformiste et la cupidité.

Après avoir essayé pendant des années de boycotter les produits d’entreprises amorales responsables de violations des droits humains, de destruction de l’environnement, d’abus sur les animaux, beaucoup d’entre nous ont pensé quoi que nous achetons, nous finissions toujours par cautionner quelque chose de déplorable. Nous sommes arrivés à comprendre que le problème n’était pas seulement celui de quelques mauvaises entreprises mais bien de tout le système en entier.

Le mode d’action des freegans est un boycott total d’un système économique où les motifs de profits ont totalement éclipsés les considérations éthiques et où de multiples systèmes de productions complexes certifient que toutes les productions que nous achetons aura des impacts destructeurs dont nous n’aurons même pas conscience pour la plus grande partie. Par conséquent, au lieu d’éviter l’achat de produits d’une mauvaise entreprise pour en soutenir une autre, nous évitons d’acheter quoi que ce soit autant que cela nous est possible.

Le mot Freegan est composé de "libre" et de "végan". Les végans sont des personnes qui évitent les produits issus de productions animales ou des produits testés sur des animaux dans un effort pour éviter de faire souffrir les animaux. Les Freegans vont plus loin encore en le dénonçant dans une industrie complexe, une économie de production massive dominée par le profit, dans la souffrance humaine et animale, et dans la l’abondance sur la planète à tous les niveaux de production (de l’acquisition du matériel brut à la production et aux transports) et dans pratiquement chaque produit que nous achetons.

Le travail des ateliers clandestins, la destruction de la forêt tropicale, le réchauffement climatique, le déplacement de communautés indigènes, la pollution de l’air et de l’eau, l’éradication de la vie animale sauvage considérée comme la "peste" sur les terres agricoles, Les renversements violents de gouvernements élus par la population pour maintenir des dictateurs de paille qui se laissent acheter par des intérêts de grandes entreprises ; les mines à ciel ouvert, les forages pétroliers dans des zones sensibles écologiquement, la destruction des syndicats, l’esclavage des enfants, des pots de vin à des régimes répressifs sont seulement quelques exemples des nombreux dommages que provoquent les produits de consommation d’apparence inoffensive que nous consommons chaque jour.

Les Freegans utilisent un éventail de stratégies pour leur pratique de vie basées sur quatre principes :

Récupération des déchets

Nous vivons dans un système économique où les marchands ne valorisent que les terres et les services en fonction de leur capacité à générer du profit.
Les consommateurs sont constemment bombardés de publicités leur disant de jeter et remplacer leurs objets qu’ils possèdent parce que cela augmente leur chiffre d’affaire.
Cette pratique des sociétés riches produit une quantité de déchets tellement énorme que beaucoup de personnes peuvent être nourries et peuvent vivre simplement sur ses ordures.
En tant que freegans nous fouillons au lieu d’acheter afin d’éviter d’être des consommateurs gaspilleurs nous même, pour défier politiquement l’injustice de permettre que des ressources vitales soient gaspillées alors que de très nombreuses personnes manquent des besoins basiques indispensables comme la nourriture, les vêtements, le logement, et pour réduire la quantité des déchets qui sont expédiés dans les dépotoires, des incinérateurs qui sont situés de façon disproportionné dans les quartiers pauvres, non-blancs, où ils causent des taux élevés de cancer et d’asthme.

Il est possible que la stratégie freegan la plue connue est ce que l’on appelle généralement "la fouille urbaine ou "le plongeon dépotoir". Cette technique consiste à chercher au milieu des déchets des commerçants, des habitations, des bureraux, et de toute autre activités à la recherche d’objets utlisables. Malgré les stéréotypes de nos sociétés concernant les détritus, les objets récupérés par les freegans sont sans danger, utilisables, propre, et en parfaites ou presque parfaites conditions, le symptome d’une culture du jetable qui nous encourage à toujours remplacer nos objets anciens par des plus récents, et où les commerçants prévoient un stock important de produits disponibles comme un élément de leur modèle économique.
Quelques "fouilleurs" urbains le font tout seuls, d’autres plongent en groupes, mais nous partageons toujours les découvertes librement entre nous et avec les personnes que nous rencontrons et qui les veulent.
Des groupes comme "de la nourriture, pas des bombes" récoltent de la nourriture qui serait autrement envoyé au dépotoir et les utilise pour préparer des plats qu’ils partagent dans les lieux publics avec chaque personne qui le souhaite.

En récupérant les déchets des commerçants, des bureaux, des écoles, des habitations, des hotels ou n’importe où en fouillant leurs poubelles, dépotoirs, sacs poubelles, les freegans sont capables d’obenir de la nourriture, des boissons, des livres, des revues d’hygiène, des bandes dessinées, des journaux, des vidéos, des ustensiles de cuisine, des appareils ménager, de la musique (cds, cassettes, disques etc..), des tapis, des instruments de musique, des vêtements, des patins à roulettes, des scooters, des meubles, des vitamines, des jeux électroniques, des produits pour les animaux, des jeux, des jouets, des vélos, des oeuvres d’art, et pratiquement toute sorte d’objets de consommation. Plutôt que de contribuer à créer plus de gaspillage, les freegans diminuent les déchets et la pollution, et réduisent le volume général des déchets superflus.

Des tas d’objets utilisés peuvent aussi être trouvés gratuitement ou échangés avec d’autres sur des sites webs comme Freecycle et dans la section gratuite de notre liste de Craig locale.
Pour trouver du matériel pratique consulter les listes des Matériaux EPA et des Echanges de déchets. Dans des communautés partout dans le pays, des gens organisent des activités comme "Véritable, Véritable marchés libres" et " Rencontres gratuites".
Ces évènements ressemblent à des marchés aux puces avec des objets gratuits. Les gens amènent des objets à partager avec d’autres. Ils donnent et ils prennent mais pas un seul dollar n’est échangé. Quand les freegans ont besoin d’acheter quelque chose, nous achetons des objets d’occasion ce qui réduit les productions et encourage la réutilisation et la réduction d’objets qui auraient été gaspillés sans amener aucun argent complémentaire pour une nouvelle production.

La diminution du gaspillage

Grâce à nos visites fréquentes dans les dépotoirs de nos sociétés jetables, les freegans sont très conscients et dégouté de voir l’énorme quantité de gaspillage que le consommateur américain moyen produit et choississent de ne pas devenir une partie du problème. Ainsi, les freegans recyclent scrupuleusement les matières organiques dans du compost, et réparent plutôt que remplacent les objets à chaque fois que c’est possible. Les objets dont nous n’avons pas besoin, nous les redistribuons à nos amis ; lors des marchés gratuits, ou en utilisant les services internet de freecycle et craiglist.

Les transports écologiques

Les freegans reconnaissent les impacts sociaux et écologiques désastreux de l’automobile. Nous savons tous que les voitures sont polluantes parce qu’elles brulent du pétrole mais nous ne pensons pas en général aux facteurs destructifs liés comme les forêts qui sont détruites pour construire des routes dans des milieux sauvages et aux accidents mortels d’humains et d’animaux sauvages. Il en est de même pour l’usage massif de pétrole qui créé l’impulsion économique des massacres en Irak et partout sur la planète. Pour cela, les freegans choisissent de ne pas utiliser de voitures pour le plus grand nombre. Au contraire, nous utilisons d’autres moyens de transports y compris sauter dans les trains, marcher, faire du stop, du patin à roulettes et du vélo.
faire du stop rempli les voitures qui auraient roulé à vide autrement et par conséquent cela n’ajoute pas à la consommation générale des voitures et du pétrole.

Certains freegans sont parfois inévitablement dans l’obligation d’utiliser des voitures, alors nous essayons de diminuer notre dépendance aux énergies fossiles en utilisant plutôt des voitures au diesel ou des voitures hybrides qui roulent au "griesel" ou "huile végétale" en fait, nous utilisons de l’huile usée des restaurants pour faire le plein des voitures - une autre façon de détourner les déchets pour un usage pratique. Des groupes de bénévoles se forment partout pour aider les gens à transformer les voiturs diesels à rouler avec l’huile végétale.

Habitat à loyer gratuit

Les freegans pensent que l’habitat est un DROIT, pas un privilège, tout comme les freegans considèrent que c’est une abomination de laisser les gens mourir de faim alors que de la nourriture est jetée, nous sommes aussi indignés de voir que des gens meurent littéralement de froid dans les rues alors que les propriétaires et les villes gardent les logements barricadés et vacants parce qu’ils ne peuvent pas en tirer profit en les mettant à disposition pour la location.

Les squatters sont des personnes qui occupent et réhabilitent les constructions abandonnées ou décrépies. Les squatters pensent que les besoins humains réels sont plus importants que les notions abstraites de propriété privé, et que ceux qui détiennent les bâtiments mais qui ne veulent pas permettre aux personnes d’y vivre, même dans des endroits où les habitations sont d’une urgente nécessité, ne méritent pas de posséder ces batiments. En plus des quartiers habitables, les squatters rénovent souvent des constructions abandonnées en centres communautaires avec des programmes qui incluent des activités artistiques pour les enfants, de l’éducation sur l’environnement, des réunions d’organisations communautaires, et encore plus.

Devenir écolo

Nous vivons dans une société où la nourriture que nous mangeons sont souvent cultivés de l’autre côté de la planète, surtraités, et ensuite transportés sur de longues distances pour être stockés pendant trop longtemps, et tout cela pour un coût écologique important. A cause de ces procédés, nous avons perdu l’appréciation des changements de saisons et des cycles de la vie mais certains d’entre nous se reconnectent avec la nature grâce au jardinage et à la cueillette dans la nature.

Beaucoup d’écologistes urbains ont transformé des espaces abandonnés remplis de dépotoirs en des lots de jardins communautaires verdoyants. Dans des quartiers où les magasins sont plus remplis de nourriture toxique que de légumes frais, les jardins communautaires fournit une source de nourriture saine. Là où l’air est saturé de pollution qui provoque de l’asthme, les arbres des jardins communautaires produisent de l’oxygène ; dans les paysages dominés par les briques, le béton, et l’asphalte, les jardins communautaires produisent une oasis de verdure, des espaces ouverts, et des endroits où les communautés peuvent se réunir, travailler ensemble, partager la nourriture, grandir ensemble et briser les barrières qui garde les gens séparés et éloignés dans une société où nous sommes tous devenus trop isolés les uns des autres.

Les ceuilleurs dans la nature démontrent que nous pouvons nous nourrir sans les supermarchés et que nous pouvons soigner nos maladies sans pharmacies en nous familiarisant avec les plantes médicinales comestibles qui poussent tout autour de nous.
Même les parcs des villes peuvent contenir de la nourriture comestible et médicales, nous redonnant une appréciation renouvelée de la réalité que notre alimentation provient en fin de compte non pas des industries de production alimentaire, mais de la nature elle même.
D’autres poussent le style de vie de la cueillette encore plus loin, en quittant les quartiers urbains et les banlieues et en essayant de retourner à la "vie sauvage" en construisant des communautés dans la nature sauvage basées sur des connaissances de survie primitive.

Travailler moins/ Chômage volontaire

Quelles parts de nos vies sacrifions-nous pour payer des factures et acheter encore plus d’objets ?
pour la plupart d’entre nous, travailler signifie sacrifier nos libertés et prendre des ordres de quelqu’un d’autre, du stress, de l’ennui, de la monotonie et dans beaucoup de cas nous mettons en danger notre bien être physique et psychologique.
Une fois que nous avons réalisé que ce ne sont pas justes quelques produits toxiques ou quelques entreprises insifiantes qui sont responsables des abus sociaux et écologiques dans notre monde, mais plutôt la totalité du système dans lequel nous travaillons, nous commençons alors à comprendre qu’en tant que travailleurs, nous sommes déchirés par une machine de violence, de mort, d’exploitation et de destruction.
L’employé de bureau qui enregistre l’abattage d’un veau est-il moins responsable de la cruauté de l’industrie agricole que le travailleur agricole ?
Qu’en est-il du dessinateur publicitaire qui trouve des manières de convaincre que le produit est acceptable ?
Qu’en est-il du comptable qui gère les livres du commerçant et qui lui permet de garder son commerce ?
qu’en est-il de l’ouvrier dans l’usine qui fabrique les caissons des réfrigérateurs ?
- Et bien sûr, les responsables de direction des entreprises portent les responsabilités les plus élevées de toutes car ils prennent les décisions qui créent les destructions et les déchets. Vous n’avez pas besoin de détenir des actions dans une entreprise ou posséder une usine ou une usine chimique pour en être tenu responsable.

En prenant en charge les nécessités de base comme la nourriture, l’habillement, le logement, les meubles et le transport sans avoir à dépenser un centime, les freegans sont ainsi capables de réduire grandement voire même d’éliminer totalement le besoin d’avoir un emploi à temps plein. Nous pouvons au contraire dédier notre temps à prendre soin de nos familles, à faire du bénévolat dans nos communautés, et nous pouvons rejoindre des groupes d’activistes afin de combattre les pratiques des entreprises qui autrement nous donneraient des ordres au travail. Pour certains, d’être totalement sans emploi n’est pas une option - il est beaucoup plus difficile de trouver une opération chirurgicale gratuite qu’une bibliothèque gratuite sur le bord du trottoir - mais en limitant nos besoins financiers, même ceux qui ont besoin de travailler peuvent définir des limites sur le temps que nous avons vraiment besoin de travailler et nous pouvons reprendre le controle sur nos vies, et nous soustraire ainsi à la pression constante de joindre les deux bouts. Mais même si nous devons travailler, nous n’avons pas besoin de nous soumettre totalement aux patrons. L’esprit de coopérative réenforcée des freegans peut être étendu sur les lieux de travail en faisant partie des syndicats ouvriers comme l’Industrie des Travailleurs Mondiaux

source :freegan.info

Traduit par Anik le 22 octobre 2008


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