robin-woodard

ROUILLAN et notre espérance

De : himalove
dimanche 19 octobre 2008 par anik

Lorsqu’un homme est en prison pour des idées, ce n’est pas seulement un individu qu’on enferme mais toute une société.

Lutter pour sa libération, c’est lutter pour nous tous.

Il n’est pas question, dans le cas Rouillan, d’accepter tous les actes commis par la personne, mais de défendre l’avenir que nous rêvons pour notre société.

Rouillan a passé la moitié de sa vie en prison. C’est-à-dire qu’il a été privé de sa liberté pendant suffisamment de temps pour que - vous - vous fassiez de votre enfant un homme.

Malgré cette maltraitance, cet enfermement, il n’est pas devenu un monstre ; il est devenu meilleur et nous tend un miroir.

Dans les mots qu’il a prononcé dans "L’Express", on ne voit pas de haine ni de ressentiment, simplement un homme qui souhaite retrouver les siens et faire le bilan critique, avec eux, de leurs activités passées.

Et ce sont ces retrouvailles, cette fraternité avec les camarades, tant espérée tant suppliée, qu’aujourd’hui une poignée de juges, assoiffés de revanche, souhaitent anéantir.

Les juges ici s’attaquent à quelque chose qui est essentielle à la vie d’un être humain : l’espérance.

De : himalove

SourceBellaciao

Commentaires de l’article

ROUILLAN et notre espérance

18 octobre 2008 - 12h03 - Posté par 62.**.216.***

Alors comme ça Rouillan serait sorti "meilleur" de ses 20 ans d’emprisonnement et 7 de QHS ? Avec ce genre de critère, il faudrait l’y laisser encore dix ans, il en ressortirait "meilleur" encore...

Franchement, Himalove, tu écris n’importe quoi. Si Rouillan nous "tend un miroir", c’est celui d’une époque ou des avant-gardes auto-désignées s’arrogeaient le droit de décider que certaines vies humaines étaient importantes et que d’autres (celle d’un PDG, mais aussi celle d’un policier, celles d’un convoyeur de fonds, voire celle d’un vulgaire client d’agence bancaire) pouvaient sans remords être sacrifiées au nom d’un "bien supérieur". Qu’il y ait aujourd’hui des gens pour regarder cette époque avec nostalgie et sans remords jusqu’à considérer que Rouillan est "notre espérance" ne devrait réjouir personne.

Quant à ton affirmation que Rouillan cherche à faire "un bilan critique de ses activités passées", c’est de la vaste rigolade. Rouillan a bien montré dans tous ses écrits qu’il n’a aucune vision critique sur son parcours. Que Rouillan en tant qu’individu prenne cette position, c’est assez logique : apres tout, il est asez difficile pour un être humain d’admettre qu’il a gâché sa vie et celle des autres pour des conneries. Dans ce contexte, s’accrocher à une vision du monde qui justifie ce gâchis au nom d’un idéal est la seule manière de ne pas devenir fou. Mais ceux qui prétendent le protéger feraient bien de ne pas encourager ces délires d’auto-justification.

Rouillan n’est pas en prison pour ses idées. Il a passé vingt ans en prison pour s’être pris pour Dieu à l’heure de décider qui a le droit de vivre et qui doit mourir. Et il y retourne parce qu’il n’a pas encore compris que lorsqu’on a commis ce genre d’actes, mieux vaut ne pas s’en vanter. Alors arrêtons de faire de Rouillan un héros ou un martyr. Le mieux qui peut lui arriver (et nous arriver), c’est qu’on l’oublie.

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ROUILLAN et notre espérance

18 octobre 2008 - 13h00 - Posté par satya - 83.***.211.**

tu ne crois pas qu’au contraire nous avons besoin de ne pas les oublier justement et de nous poser ou reposer les questions nécessaires pour avancer ??

car enfin, la raf, les br et ad étaient bien un phénomène européen de lutte armée, un choix fait par des gens jeunes mais un choix politique.

nous ne pourrons jamais vraiment évoluer si nous les rejettons dans des placards, et je pense qu’avec les situations actuelles, il est même important d’avoir le courage d’affronter ces questions y compris et surtout pour les jeunes d’aujourd’hui.

il faut apprendre à resituer tout cela dans l’histoire je pense, il n’est que grand temps. nous avons besoin d’apprendre de l’histoire sinon nous la répétons sans fin avec tout ce qu’elle transporte de cruautés.

autrement tu interroges le "devenir meilleur" de rouillan ? lui seul pourra te répondre, cependant, il semblerait bien que le fait d’avoir eu envie de s’engager dans le npa soit l’expression d’une volonté d’un engagement politique autre que ce qu’il avait fait non ?.

les gens changent tout le temps, nous y compris, pourquoi vouloir lui faire vivre une double voire triple peine ??? les criminels de droit commun "paient" moins que lui et ses camarades...

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ROUILLAN et notre espérance

18 octobre 2008 - 17h54 - Posté par 203.***.97.***

Satya,

Lorsque je parlais d’oublier, je faisais référence à la personne de Jean-Marc Rouillan, pas à la problématique de la lutte armée, problématique qu’il faut au contraire garder toujours en tête justement pour éviter de refaire les monstruosités qu’ont été faites dans les années 70 et 80.

Effectivement, la RAF, les BR et AD ont été un phénomène européen. On peut beaucoup discuter sur les raisons qui ont fait que des jeunes aient choisi cette voie là. Personnellement, je n’ai jamais cru que la motivation principale ait été politique : il y a eu toujours des gens pour avoir soif d’héroisme. Il fut un temps où ils pouvaient l’assouvir dans des guerres coloniales ou dans la guerre tout court. Il n’est pas anodin de constater que la génération qui s’est engagée dans la "lutte armée" est la première génération européenne qui n’ait pas vécu une guerre...

En ce qui concerne l’adhésion de Rouillan au NPA, admettons que cela montre "une volonté d’un engagement politique autre". Seulement, il ne suffit pas de dire "j’ai changé" pour effacer le passé. Les hommes que Rouillan a assassiné sont toujours morts, et Rouillan n’a pas le pouvoir de les ressusciter. Il ne suffit pas de dire "je me suis trompé" pour effacer les effets de ses actes (et encore, Rouillan n’a jamais admis s’être trompé, que je sache). Quand on a choisi de jouer à Dieu en décidant quelles vies on pouvait supprimer, il faut en assumer les conséquences.

Tu te trompes aussi en affirmant que "les criminels de droit commun payent moins que Rouillan et ses camarades". Pour un assassinat prémédité de sang froid et en récidive, la réclusion criminelle avec des peines de sûreté de 30 ans ont déjà été prononcées. La peine de Rouillan n’est donc pas particulièrement sévère eu égard au crime commis. Quand à sa libération conditionnelle, il est habituel d’exiger d’un condamné libéré qu’il s’abstienne d’évoquer en public les questions entourant sa condamnation. Il n’y a pas là une quelconque "double peine", mais une exigence minimale de respect pour les victimes. Là non plus, Rouillan n’a pas été traité plus durement qu’un criminel de droit commun.

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ROUILLAN et notre espérance

18 octobre 2008 - 13h45 - Posté par himalove - 77.***.136.**

Au matricule 62 :

Je ne raconte pas n’importe quoi. J’ai connu personnellement Jean-Marc, Nathalie, Régis, comme compagnon de route d’Action directe, au début des années 80.

Nos chemins ont divergé mais j’ai connu les conditions d’emprisonnement des "détenus particulièrement à surveiller", suffisamment longtemps pour savoir, avec précision, ce qu’ils ont enduré...

J’ai le droit de m’identifier à leur cause et revendique pleinement tous les mots, les superlatifs de mon texte.

Si on ne sombre dans la folie en QHS on ne peut qu’en sortir "meilleur", au sens, où l’on ne peut plus souhaiter l’inhumanité de l’enfermement et la longueur d’une peine perpétuelle à quiconque.

Dans le silence de sa réclusion, Jean-Marc comme moi-même ont beaucoup réfléchi à la notion de "prison du peuple" et de peine de mort, infligée par un jury populaire...

Personne n’a le droit de s’arroger la vie de quelqu’un !

Cependant, c’est tous les jours que des juges, des procureurs distribuent des siècles de prisons, à des gens issus pour la plupart des classes les plus défavorisées de notre société.

Ce ne sont jamais des banquiers, des présidents, des avocats, des généraux marchands d’armes, des ingénieurs du nucléaire, que tu rencontres en cour de promenade.

Si tu ne crois pas à la lutte des classes quand tu tombes en prison, chaque instant d’enfermement te la rappelle...

C’est l’idée de Justice sociale et non celle d’avant garde qui ont animé les gens qui se sont lancés, comme moi, dans la lutte armée...

Et quand je l’ai fait, je ne me suis pas pris pour Dieu ou le Sentier lumineux...

La critique que nous pouvons faire, aujourd’hui, de cette aventure : c’est que ce sont les masses qui doivent pratiquer, sur large échelle, la lutte armée, et non quelques individus, bien souvent, désespérés.

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ROUILLAN et notre espérance

18 octobre 2008 - 18h52 - Posté par 98.***.175.***

Dans le silence de sa réclusion, Jean-Marc comme moi-même ont beaucoup réfléchi à la notion de "prison du peuple" et de peine de mort, infligée par un jury populaire...

Personne n’a le droit de s’arroger la vie de quelqu’un !

Bravo ! Seulement, le problème est que Jean-Marc Rouillan et ses amis l’ont pris, ce droit. Ils ont décidé qu’un certain nombre de personnes, quelquefois connues, quelquefois anonymes, pouvaient mourir sans inconvénient majeur. Alors, qu’est ce qu’on en fait avec ces gens qui ont fait ce que personne, selon toi, n’a le droit de faire ? On leur donne une médaille ?

Je suis ravi que la prison ai permis à Rouillan de "beaucoup réfléchir". Seulement, il eut fallu réfléchir avant de tirer, pas après. Parce que les "réflexions", aussi profondes soient elles, ne rendront pas à la vie les victimes ni les rendront à leurs familles.

C’est l’idée de Justice sociale et non celle d’avant garde qui ont animé les gens qui se sont lancés, comme moi, dans la lutte armée...

Ah bon ? Et tu croyais vraiment qu’en assassinant un convoyeur de fonds ou un inspecteur de police on allait faire avancer la "justice sociale" ? Crois tu que l’assassinat maffieux de Chahine soit un acte de "justice sociale" ? Faut pas deconner...

Et quand je l’ai fait, je ne me suis pas pris pour Dieu

Mais si. Tu l’as dit toi même : "personne n’a le droit de s’arroger la vie de quelqu’un". Lorsque quelqu’un s’affranchit de cette règle, c’est qu’il ne se considère plus comme une personne, mais comme un être au dessus des interdits. C’est à dire, un dieu.

La critique que nous pouvons faire, aujourd’hui, de cette aventure : c’est que ce sont les masses qui doivent pratiquer, sur large échelle, la lutte armée, et non quelques individus, bien souvent, désespérés.

Mais les masses, tiens toi bien, ne semblent pas prêtes a assumer la mission que toi, dans ta sagesse divine, leur as assignées. Au contraire, elles ont toujours rejeté sans ambiguïté cette option. Et c’est assez logique : l’ordre bourgeois a ses défauts, mais si l’alternative est un système ou cinq illuminés peuvent décider qui doit vivre et qui doit mourir, il apparaîtrait presque comme un paradis.

Les masses savent bien que les premières victimes du chaos, ce sont les plus faibles. C’est à dire, elles mêmes. C’est pourquoi les masses ont toujours préféré une injustice à un désordre, pour reprendre une formule célèbre. Ce n’est que dans des situations très exceptionnelles que les masses ont été prêtes à s’embarquer dans la lutte armée. Et encore, pendant des temps très courts. Dès que le désordre dure, les masses deviennent de plus en plus méfiantes et se tournent vers les forces capables de rétablir un ordre, quel qu’il soit.

C’est parce qu’ils n’ont pas compris cette simple vérité que les groupuscules gauchistes sont restés toujours marginaux, incapables de s’implanter durablement dans la classe ouvrière. Que le NPA se soit embarqué dans cette galère en accueillant Rouillan devrait inquiéter ceux qui lui veulent du bien.

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"La violence est notre espérance"

18 octobre 2008 - 19h41 - Posté par himalove - 79.**.90.***

"Sois poli, sois professionnel, sois prêt à tuer tous ceux et celles que tu rencontres".

Consignes données aux Marines à Faluja, en Irak.

C’est curieux qu’on ne fasse la morale au sujet de la violence qu’aux amateurs mais pas aux professionnels.

Les criminels en uniforme seraient-ils exemptés d’introspection et de catéchiste humaniste ?

Seuls les ex-militants d’action directe, des brigades rouge ou de la RAF devraient tomber à genoux et pleuraient sur leurs victimes.

Les pilotes de Mirage français qui balancent de 5 000 mètres d’altitude des bombes de 200 kilos sur les populations afghanes, eux, ont droit à une bière.

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"La violence est notre espérance"

18 octobre 2008 - 19h57 - Posté par 93.***.95.**

Si toi tu te donnes le droit de décider qui doit vivre et qui doit mourir, pourquoi t’étonnes-tu que les autres fassent pareil ?

C’est toujours amusant de voir les partisans de la "lutte armée" défendre le droit inaliénable à la vie... il n’y a qu’eux, en fait, qui aillent le droit de décider qui doit vivre et qui doit mourir. Des dieux, en somme...

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"La violence est notre espérance"

18 octobre 2008 - 20h57 - Posté par marcello - 213.***.5.***
vous inquietez pas ,il ressortira,c’est juste que son ralliement à ob contrarie un peu les plans de la droite qui ne souhaite pas que son scud anticommuniste perde de l’altitude.

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"La violence est notre espérance"

18 octobre 2008 - 23h22 - Posté par satya - 83.***.211.**

je pense très sincèrement et très humblement que vous inversez les rôles bien trop facilement. si des groupes révolutionnaires se sont armés c’est bien face à la profonde violence des pouvoirs en place. comment se fait-il que vous ne connaissiez pas les noms de tous les morts qu’eux ont fait ? de toutes les familles de leurs victimes ??? combien de fois dans l’histoire humaine, les états ont envoyé leur police ou leurs armées tirer sur des populations désarmées ??? est-ce que ces morts ne comptent donc pas et sont jetés dans l’oubli eux et elles aussi encore et toujours ??? est-ce qu’une de nos vie a moins de "valeur" qu’une des leurs ? d’où leur attribuez-vous ainsi un droit de tuer inconditionnel alors que vous semblez juger si durement des personnes qui ont essayé de se révolter et d’agir concrètement ?

pas étonnant que la lutte des classes ait disparue tout comme la solidarité avec les camarades.

j’ai toujours été une non violente et pendant pas mal d’années j’étais une activiste non violente, pas en france mais en italie où j’ai vécu, mes camarades étaient tous des objecteurs de consciences, insoumis, déserteurs et dans les années 70, jamais aucunE n’a refusé de soutien à ceux qui eux avaient choisi les luttes armées. et à cette époque, il n’y avait pas que des italiens, il y avait aussi des allemands qui se réfugiaient en italie car les répressions qu’ils subissaient en allemagne étaient terribles. les polices militaires italiennes ne faisaient pas vraiment dans la dentelle non plus ; et plus d’un ont échappé de justesse à la mort dans les prisons militaires italiennes. parmi tous ces gens, le sens politique était puissant, l’engagement aussi, avant chaque action nous savions toujours touTEs exactement les conséquences légales que nos actes pouvaient provoquer. parfois dans les déroulements même d’une action, les conséquences étaient redites et les personnes devaient réaffirmer leur engagement ou avaient la possibilité de s’arrêter net.

nous n’avions pas fait les mêmes choix de lutte mais nous combattions pour les mêmes raisons. les choix autant les notres que les leurs étaient politiques, je dirais même que les leurs étaient encore plus politique alors que chez les non-violents, pour certains les raisons étaient religieuses ce qui ne facilitait pas toujours les débats ni les actions !

un membre d’un groupe révolutionnaire armé n’est ni un criminel, ni un terroriste.
je ne cautionne jamais les meurtres, mais quand les situations empirent tellement alors, il y des époques où les armes doivent être reprises malheureusement. ce sont des expériences douloureuses et qui marquent, mais honnêtement si un jour le choix entre l’esclavage, devenir collabo ou prendre des armes se pose, alors il faudra bien avoir le courage de se poser les questions adaptées et se regarder dans le miroir et décider !

pensez-vous que le monde aille si merveilleusement bien que nous soyons protégés à tout jamais d’avoir le "luxe" de n’avoir jamais plus à prendre les armes ???
je suis née après guerre, je n’ai pas connu la guerre, mais j’ai connu la période juste après et les folies des gens qui l’ont vécue : nos parents. j’ai connu les baraquements nazis et leurs latrines et j’ai vu les dégats laissés aussi bien dans le coeur des gens que dans l’environnement. mais, j’ai longtemps sincèrement cru que je pouvais construire ma vie et que toutes les horreurs de la guerre ne seraient plus jamais dans ma vie, mais depuis quelques années, je sais que je ne vieillirais pas en toute sérénité et en paix comme je le souhaite du plus profond de mon être. les choses se sont tellement dégradées et les conflits de par le monde s’amplifient et se multiplient, émeutes de la faim y compris.

nous devons réfléchir en toute lucidité tant que nous avons encore le temps et l’espace de réflexion car une fois dans l’action, cela sera beaucoup plus difficile et parfois impossible.

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"La violence est notre espérance"

19 octobre 2008 - 00h09 - Posté par 159.***.155.**

Satya,

Il ne faut pas abuser du discours de la guerre civile. La société dans laquelle nous vivons a beau être injuste et violente, cette violence n’est pas, comme vous semblez le croire, illimitée. Au fur et à mesure des évolutions historiques, notre société s’est progressivement civilisée. Oui, la bourgeoisie a envoyé la troupe tirer sur les ouvriers désarmés. C’était en 1953. Depuis, plus jamais. En Mai 68, la France a connu l’un des mouvements sociaux les plus importants de son histoire... et il n’y eut presque pas de morts. Ce fait, la classe ouvrière le comprend très bien. Si, comme vous le dites, les "groupes révolutionnaires se sont armés face à la profonde violence des pouvoirs en place", comment expliquez vous que la classe ouvrière ait été systématiquement hostile à ces groupes armés ? La "profonde violence" apparemment n’était pas perceptible...

La question ici n’est pas de savoir s’il existe des situations qui nécessitent qu’on prenne les armes. La question est de savoir si les années 1970-1980 était une telle situation. La réponse a toujours été clairement "non". Et c’est là ou se trouve la frontière entre l’action révolutionnaire et le crime. Les militants d’action directe sont des criminels non parce qu’ils ont "pris les armes", mais parce qu’ils les ont prises inutilement. Tuer un convoyeur de fonds, le client d’une agence bancaire ou deux inspecteurs de police en faction n’a pas fait avancer la révolution d’un pouce. Et tuer quelqu’un est un acte beaucoup trop grave pour qu’on puisse l’excuser en disant simplement "on s’est trompés".

Qu’ils aient combattu pour une bonne cause ne change rien à l’affaire. La France de 1979 n’était pas un pays en guerre civile. L’Etat restait un état de droit, qui jouait correctement son rôle d’arbitre et exerçait le monopole de la violence légitime. La meilleure preuve en est que l’ensemble des organisations ouvrières à unanimement répudié les activités d’Action Directe. Ceux qui ont vécu de l’intérieur à la Régie Renault l’assassinat de Besse s’en souviennent encore. Comment peut-on appeller "révolutionnaire" une organisation qui se met en contradiction avec la classe ouvrière dans son ensemble ?

Les assassinats commis par Action Directe ne sont pas des crimes politiques, tout simplement parce que ceux qui les ont commis n’ont pas agi en politiques. Un politique adapte les moyens utilisés à la situation concrète. Pas a ses fantasmes.

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"La violence est notre espérance"

19 octobre 2008 - 09h32 - Posté par 90.*.46.***

Au fur et à mesure des évolutions historiques, notre société s’est progressivement civilisée. Oui, la bourgeoisie a envoyé la troupe tirer sur les ouvriers désarmés. C’était en 1953. Depuis, plus jamais. En Mai 68, la France a connu l’un des mouvements sociaux les plus importants de son histoire... et il n’y eut presque pas de morts.

Tu n’as pas remarqué que cette évolution s’est inversée ? Qu’il y a augmentation de la répression, de la criminalisation du militantisme ? Il faut actualiser ton logiciel. La barbarie est devant nous (ou le socialisme).

Et en lien avec une autre de tes remarques : des grèvistes qui bloquent un péage, c’est normal de les traîner devant un tribunal car "ils se prennent pour dieu", "pour une avant-garde éclairée qui décide à la place de la masse des automobilistes"...

Chico

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"La violence est notre espérance"

19 octobre 2008 - 10h05 - Posté par himalove - 79.**.223.***

J’aimerais bien que les personnes qui condamnent, avec autant d’arguments moraux recevables Action directe, condamnent, avec autant d’opiniâtreté, l’armée française en Afghanistan, intégrée dans le dispositif OTAN, et plus généralement, l’appareil d’état et ses dérives.

Car, au fond, qu’est-ce qu’on reproche au "minuscule" Rouillan ? C’est non pas d’avoir bâclé, un peu rapidement, le boulot de Dieu mais celui de l’Etat.

Qui a le droit légal et moral de tuer en Europe ?

Dans l’utilisation de la violence, les groupes terroristes des années 70-80 se sont trouvés en concurrence, sur fond de guerre froide, avec la gendarmerie, l’armée, la police et les services secrets qui, pour servir des intérêts autres que celui du bien commun, utilisent le terrorisme, lequel est, aujourd’hui, sans conteste, l’essence de la guerre moderne.

En Italie, en Belgique, nombre d’attentats et de crimes non élucidés sont l’oeuvre des services spéciaux.

J’encourage les participants de ce forum à s’intéresser vivement au réseau Gladio et aux stratégies de la tension, mises en place en Europe, par l’OTAN.

Les activités d’AD, des BR et de la RAF doivent être intégrés, dans une lecture de fin de guerre froide, d’irruption d’un libéralisme qui transforme les rapports sociaux, bouscule les cadres établis, et de conflits entre le nord et le sud.

Par exemple : il serait très intéressant d’examiner, dans un contexte géo-stratégique, les meurtres emblématiques du général Audran, représentant du gouvernement français, dans le conflit Iran-Irak, et livreur d’armes de Saddam ; et celui de monsieur Besse, père de l’industrie nucléaire française et exportateur de centrales...

A cette époque, des attentats contre l’industrie nucléaire française ont été commis par le Mossad, sur le territoire national, et avait été revendiqués par des groupes écologiques révolutionnaires.

Les liens entre groupes terroristes et services spéciaux ne sont pas étranges...

Personnellement, lors de mon passage à AD, j’ai toujours été surpris qu’ils puissent attaquer, avec autant d’aisance, autant de banques et brasser "autant d’affaires"...

Lorsque j’étais en prison, j’ai rencontré beaucoup de truands dont certains d’extrême-droite, appartenant au SAC ; ils me disaient qu’ils bénéficiaient pour leurs nombreuses affaires de protection.

"On vous laisse braquer des banques mais vous nous rendez service..."

A mon avis, AD a été utilisé par l’appareil d’état ou d’autres services, peut-être étrangers, presque à l’insu de ses membres...

Les membres d’AD ou leurs sympathisants, à l’encontre des groupes d’extrême-droite, n’ont bénéficié d’aucun privilège de la part de la Justice française.</quote

Je retranscris cet article avec ses commentaires pour réflexions qui sont nécessaires aujourd’hui car j’espère bien justement que la violence ne soit pas notre unique espérance !!!


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