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La Montagne : un espace de partage et de ruptures.

Dima De Clerck
dimanche 12 octobre 2008 par Pierre

A travers le prisme de l’anthropologie et de l’histoire, cet article fait le point sur les relations intercommunautaires druzo-chrétiennes dans le Liban d’après-guerre. Après une courte introduction historique qui annonce la rupture lors de la guerre du Liban (1975-1990), entre druzes et chrétiens et le déplacement des chrétiens hors de la Montagne, les relations druzo-chrétiennes d’avant-guerre sont revisitées en soulignant qu’elles étaient caractérisées plus par une proximité que par la mixité et par la présence d’un code tacite de sociabilité forcée qui régulait ces relations et prévenait la violence. Cette convivialité n’a cependant pas été suffisante pour endiguer les violences qui ont éclaté lors de la guerre. Les représentations affrontées que nourrissent les uns envers les autres druzes et chrétiens sont le fruit de leur cohabitation historique et des mémoires d’« un passé qui ne passe pas ». L’installation massive, souvent forcée des chrétiens en ville et leur adoption de tendances citadines a suscité de leur part un relâchement des liens et pratiques propres au milieu rural, restées chères aux druzes. L’article se penche sur les conditions et les difficultés d’une réintégration des chrétiens dans leur milieu d’origine dans le contexte actuel, après plus de 15 ans de séparation avec leurs voisins de toujours.

Sources : HAL-SHS

Définition des druzes selon wikipédia :

Les Druzes (arabe : Darazī درزي, pl. durūz دروز) sont une population du proche-Orient professant une religion musulmane hétérodoxe.

Dispersés par l’Histoire, les Druzes vivent surtout au Liban (où ils seraient entre 280 000 et 350 000), en Syrie (entre 150 000 et 200 000 personnes[5]), et en Israël (où ils seraient environ 118 000, dont plusieurs milliers sur le plateau du Golan, occupé par l’État hébreu depuis 1967). On pense que les Druzes vivant en dehors du Proche-Orient sont environ 100 000.

Au Liban, ils vivent principalement dans les montagnes du Chouf, leur territoire ancestral.

Il n’y a ni liturgie, ni lieux de culte dans la religion druze. La doctrine des Druzes est secrète et n’est révélée aux fidèles qu’après divers degrés d’initiation ; elle s’appuie sur la croyance en la métempsycose.En effet, certains versets du Coran sont parfois interprétés comme allant dans le sens de la métempsycose. Par exemple au verset 28 de la deuxième sourate, "La Vache" (Al-Baqara), il est dit : « Comment pouvez-vous renier Allah alors qu’il vous a donné la vie, alors que vous en étiez privé, puis Il vous a fait mourir, puis Il vous a fait revivre et enfin vous retournerez à Lui ».

Les Druzes rejettent la charia et les obligations rituelles qui en découlent. Au Liban, la communauté a été dirigée en partie par les familles Joumblatt et Hamadé. Les Hamadé sont connus notamment grâce aux Cheikhs Akl Druze Rachid, Hussein, ce sont les cheikhs Akl Druze Yazbakis qui s’opposaient aux Joumblattis.

La plus haute autorité religieuse et spirituelle est la Machyakhat al Akl. Le cheikh Akl Druze est l’équivalent "du pape" pour les Druzes. Il y a toujours eu un cheikh Akl Druze Yazbaki et un autre Joumblatti, aucune famille ne pouvant prétendre au monopole de la direction des affaires de la communauté druze.

Deux ismaéliens sont à l’origine de la religion druze : un Persan nommé Hamza, qui affirmait être l’intelligence universelle, et un Turc nommé ad-Darazî ((en)Ad-Darazi), dont le nom est à l’origine du terme « Druzes », qui était l’un des vizirs du calife fatimide al-Hakim bi-Amr Allah (996 - 1021). Hamza et ad-Darazî fondèrent donc la secte des Druzes. Alors que l’imâm duodécimain Ja’far as-Sâdiq avait fait brûler les chiites qui avaient voulu le diviniser (vers 750), al-Hakîm aurait encouragé cette tendance à le diviniser, au lieu de la combattre.

Al-Hakim a disparu en 1021. Il n’est pas revenu d’une promenade nocturne aux environs du Caire dans les collines de al-Muqattam. Son corps n’a jamais été retrouvé. Certains de ses proches, regroupés autour du vizir ad-Darazî, en firent une incarnation divine, le proclamant occulté. Selon eux, le calife était la dernière et principale incarnation de Dieu (maqâm), titre qu’il s’était d’ailleurs lui-même attribué en 1017, se considérant comme une manifestation de l’intellect universel.

Au XIXe siècle, les Druzes sont tributaires de l’empire ottoman, mais de fait presque indépendants. Retirés dans les montagnes du Liban, ils se rendirent redoutables, résistèrent longtemps aux attaques des Turcs. C’est à l’émir druze le prince Fakhreddine de la dynastie "Maan" qui était à l’origine, que nous devons cette résistance et les Druzes ne furent soumis au tribut qu’en 1588 par le sultan Murad III. La Sublime Porte a accordé en 1842 un chef à leur communauté.

Les Druzes ont joué un rôle majeur durant la guerre civile libanaise entre 1975 et 1990 sous la conduite de leur leader politique Kamal Joumblatt, fondateur du parti socialiste progressiste libanais, puis de son fils Walid Joumblatt.

Bien qu’ayant pris le leadership de la majorité des druzes libanais, Walid Joumblatt a été contesté par une frange importante de sa communauté. Farid Hamadé, descendant d’une lignée de Cheikhs Akl Druzes, fils du Cheikh Akl Rachid Hamadé, s’était allié aux partis chrétiens lors de la guerre civile libanaise (1975-1990) et contraint à l’exil à l’achèvement de celle-ci. Il est décédé en France et inhumé au cimetière du Père Lachaise.


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