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La permaculture c’est quoi ?

vendredi 5 septembre 2008 par anik

Le mot "permaculture" a été inventé en 1978 par Bill Mollison, un écologiste australien et un de ses élèves, David Holmgren. C’est une contraction d’"agriculture permanente" ou de "culture permanente".

La permaculture vise à concevoir des habitats humains écologiques, notamment des systèmes de production de nourriture. C’est une philosophie d’aménagement du territoire et de renfort de l’esprit de communauté qui s’efforce, par l’intégration harmonieuse des habitats humains, du micro-climat, des plantes annuelles et vivaces, des animaux, des sols et de l’eau, de créer des sociétés durables et productives. L’accent n’est pas seulement mis sur ces éléments eux-mêmes, mais surtout sur les relations qu’ils entretiennent entre eux par la façon dont ils sont placés dans le paysage ou le système à créer. Cette synergie est davantage mise en valeur par l’imitation de modèles trouvés dans la nature.

Un thème central en permaculture est la conception de paysages écologiques producteurs de nourriture. L’accent est placé sur des pratiques traditionnelles comme le paillage ou les treillis, et l’intégration d’animaux pour recycler les nutriments ou brouter les mauvaises herbes.

Cependant, la permaculture ne se réduit pas seulement à la production de nourriture. L’architecture en matériaux naturels et énergétiquement efficace, le traitement des eaux usées, le recyclage, et la protection de l’environnement en général sont d’autres composants importants de la permaculture. La permaculture englobe également les structures économiques et sociales ainsi que le développement de communautés permanentes comme les logements coopératifs ou les écovillages. En tant que tels, les principes de design utilisés en permaculture sont applicables tant dans les milieux urbains que ruraux, et sont aussi bien appropriés à des individus seuls qu’à des fermes ou villages entiers. Récemment, des permaculteurs ont utilisé avec succès ces procédés de design pour organiser des entreprises ou leurs propres cours de permaculture par exemple. Dans ce sens, la permaculture devient réellement une façon de penser et d’appréhender une situation. C’est une des méthodes de design les plus holistiques au monde à l’heure actuelle.

Ethiques

La permaculture est basée sur trois principes éthiques :

1) Prendre soin de la Terre,

2) Prendre soin des humains,

3) Limiter la consommation et la population et redistribuer les surplus.

Ces principes éthiques guident tout designer dans son travail et sa vie quotidienne également, on espère.

1) Le premier principe éthique est assez clair. Les permaculturistes considèrent que la planète Terre est le support de toutes formes de vie et qu’il faut tout faire pour la préserver.

2) Le second principe considère que la seconde priorité est de prendre soin des êtres humains. En effet, les êtres humains sont ceux qui ont le plus d’impact sur la Terre. Il est donc très important de leur procurer tout ce dont ils ont besoin d’une manière qui préserve la bonne santé de la planète. Ces besoins incluent tous les besoins matériels et non matériels et c’est pour cela que les domaines d’intérêt et d’action de la permaculture sont aussi vastes. Pour vous donner une image, prenons le monde de la Formule 1. Les personnes qui organisent ou participent a ces courses ont certains besoins : vitesse, adrenaline, commerce, publicité, etc... Si l’on trouvait un moyen de remplir les besoins de toutes ces personnes avec des activités plus douces pour notre planète, nous aurions rempli notre mission éthique de permaculturiste. Tipi en materiaux naturels

3) Le dernier principe éthique est plus complexe et est aussi quelquefois le sujet d’incompréhensions et de polémiques.

Comme vous le savez peut-être, si notre espèce maintient son niveau actuel de consommation de ressources, nous courrons à la catastrophe. Nous observons une grande inégalité dans la répartition de la consommation, avec les pays du "nord" consommant une écrasante majorité des ressources, les Etats-Unis représentant environ la moitié de la consommation globale. Il est donc évident et généralement compris que les pays du "nord" doivent baisser d’une façon drastique leur consommation. C’est ce qu’on appelle la décroissance. Il semble aussi inévitable d’adopter un modèle de développement durable à de multiples niveaux.

D’autre part, nous observons aussi une grande inégalité dans la répartition de la population, avec les pays du "sud" représentant une grande majorité de la population mondiale. Il y a bien évidemment de nombreuses raisons à ce facteur élevé de fertilité. Pour arriver à une société durable et égalitaire, nous allons aussi devoir réduire la population. Il est illusoire de penser que nous pouvons trouver une manière de remplir durablement tous les besoins d’une population si élevée ; surtout avec notre modèle de société actuel. Il y a de multiples moyens de baisser la population. Personnellement, je pense que puisque l’on observe une baisse de la fertilité dans les régions où les gens se sentent plus confortables, on peut penser que si l’on améliore les conditions de vie des zones moins développées, leur fertilité devrait baisser. Le problème est de faire comprendre à ces populations qu’un nouveau modèle de développement est nécessaire, même si les pays qui semblent le plus développpés actuellement ne l’ont pas encore adopté ; et que ces pays doivent eux aussi adopter un modèle différent. Construction en groupe d’un composteur

Le dernier volet de ce principe éthique est le partage et la redistribution des surplus. Ceci fait en quelque sorte partie du nouveau modèle de société. Nous générons toutes sortes de surplus et la redistribution de ceux-ci rendra notre chemin vers un monde meilleur beaucoup plus aisé. Ces surplus sont très divers. Il s’agit bien sûr de surplus d’argent et de nourriture, mais aussi de connaissances, de temps, etc. Quand nous observons la répartition mondiale des surplus, nous observons que celle-ci est beaucoup plus équilibrée. Les zones du "nord" ayant principalement des surplus matériels et technologiques et les zones du "sud", des surplus plutôt liés aux valeurs éthiques communautaires et spirituelles.

Pour plus d’informations voir la Source : permaculture francophone


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