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Des traces de pesticides provenant d’OGM, trouvées dans le sang de femmes

De Cécile Cassier
lundi 25 avril 2011 par anik

Réalisée par des chercheurs de l’Université de Sherbrook au Québec (Canada), une étude a démontré pour la première fois la présence de pesticides associée à des aliments génétiquement modifiés (GM) dans le sang de femmes enceintes, de fœtus et de femmes non enceintes. Détectés dans des prélèvements sanguins de femmes habitant la ville de Sherbrook, les pesticides et leurs résidus trouvés sont des herbicides à base de glyphosate ou de glufosinate et de protéines insecticides Cry1Ab. Or, comme le souligne l’association Inf’OGM, ces femmes et leurs maris n’ayant jamais travaillé au contact de tels produits, le régime alimentaire, décrit comme « typique d’une zone industrialisée du Canada », apparaît comme la principale voie de contamination.

Bien qu’aucune analyse du panier alimentaire n’ait été effectuée afin d’évaluer la quantité de résidus de pesticides présents dans les aliments, les scientifiques jugent « concevable que la majorité de la population y est exposée via leur alimentation quotidienne » eu égard à la forte présence d’aliments GM (soja, maïs, pommes de terre…). De fait, selon Inf’OGM, après environ quinze années de commercialisation en Amérique du Nord, près de 100 % de plantes GM commercialisées sont finalement modifiées pour tolérer un herbicide, produire une protéine insecticide ou disposer des deux caractères.
Les résultats de l’étude sont, en ce sens, éloquents. Les auteurs de l’étude ont ainsi trouvé dans le sang de trente femmes enceintes des résidus de glufosinate (chez 100 % des femmes prélevées) et des protéines Cry1Ab (93 % des femmes prélevées). Dans le cordon ombilical, ont été décelés des résidus de glufosinate (100 %) et des protéines Cry1Ab (80 %). Enfin, dans le sang de 39 femmes non enceintes, on a constaté la présence de glyphosate (5 %), de glufosinate (18 %), de résidus de glufosinate (67 %) et de protéines Cry1Ab (69 %).

Selon les chercheurs canadiens, l’analyse des concentrations des molécules ciblées est une première. Aussi, dans la mesure où règne la plus totale ignorance quant aux troubles gynécologiques et obstétriques associés aux molécules chimiques présentes dans l’environnement, les experts jugent nécessaire la poursuite des recherches dans les domaines de la nutrition, la toxicologie et la reproduction.

Cécile Cassier


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