robin-woodard

Les retraites on s’en fout, on veut plus bosser du tout !

Du Collectif Libertaire Marius Jacob en Dordogne
mardi 19 octobre 2010 par anik

Une énième réforme des retraites fait encore une fois descendre les gens
dans la rue. Et pourquoi ? Préserver ce qu’il reste du droit de se reposer
d’une vie d’exploitation, d’humiliations et de souffrances en attendant la
mort ? Conserver la relative garantie qu’apporte une pension (souvent de
misère) de pouvoir encore payer ses factures ou son mouroir (pudiquement
appelé maison de retraite ou hôpital) ?

En réalité la plupart des gens n’y croient plus depuis longtemps et ne
sortent que pour exprimer leur colère et leur dégoût avant de retourner à
leur vie de labeur ou de chômage, sans pouvoir nourrir un quelconque
espoir dans ces journées d’action fantoches appelées par les syndicats.
Car si l’envie de lutter était vraiment là, les syndicats, ces partenaires
sociaux dont la seule finalité est aujourd’hui de contenir la rage
populaire, seraient notre première cible.

Tous font l’apologie du travail et du salariat, tous négocient en notre
nom la paix sociale avec nos bourreaux et trompent la confiance de celles
et ceux qui les suivent en leur faisant croire que lutter c’est faire les
traîne-savates de temps en temps dans la rue et attendre les chiffres du
ministère de l’intérieur devant sa télé le soir. Sûr qu’ils tremblent les
bourges devant ces hordes apathiques réclamant à grands cris le droit de
se faire exploiter et de jouir de loisirs produits par d’autres
exploité-e-s (les fameux droit au travail et pouvoir d’achat) ! Ami-e-s,
on se fout vraiment de nos gueules…

Alors nous le disons clairement : rien à foutre des retraites, du pouvoir
d’achat et de ce monde pourri que l’on voudrait nous faire défendre. On en
à ras le bol de trimer pour avoir le droit de recommencer le lendemain,
que c e soit pour une durée de 40 ou 42 ans. Même vendre une heure de nos
vies nous paraît abject ! Bien sûr, comme tou-te-s, nous y sommes
(souvent) contraints mais cela ne veux pas dire que nous nous y résignons.

Plutôt que de perdre notre temps en de vaines protestations et
revendications, nous voulons créer un rapport de force qui rende possible
la fin de l’exploitation et de la misère, pas leur aménagement.

Nous voulons brûler nos prisons, pas y installer le câble et la clim’.
Nous voulons créer un monde où nous pourrons utiliser nos têtes et nos
mains en accord avec nos cœurs pour faire des choses qui profitent à
nous-mêmes et aux autres, pas pour engraisser les patrons et l’Etat.

Oui, nous sommes des révolutionnaires, mais en cette sombre époque,
n’est-il pas urgent de (re)penser à la révolution ? Pas celle qui consiste
à remplacer une élite par une autre, mais celle qui permet à chacun de
vivre libre et responsable, solidaire entre égaux. Ceci ne dépend que de
toi, lui et elle, en somme : de nous.

Cessons de creuser nos tombes en de vaines négociations,
Nous n’aurons que ce que nous saurons créer.

Collectif Libertaire Marius Jacob en Dordogne.


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