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L’insécurité dont on ne parle pas

par Pierre Tevanian
vendredi 24 septembre 2010 par anik

À l’heure où un même gouvernement d’extrême droite plurielle tente de démanteler ce qui reste d’État social (et notamment du système des retraites) et de libertés publiques (et plus encore de droits des étrangers), à l’heure des réformes Woerth, Besson, Hortefeux, à l’heure de LOPPSI 2 et de la loi anti-burqa, et alors que la longue tradition d’impunité policière se perpétue avec – coup sur coup – unnon lieu requis pour les policiers impliqués dans la mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois et un non-lieu prononcé pour les policiers impliqués dans la mort d’Abdelhakim Ajimi à Grasse, il n’est pas inutile de rappeler un certain nombre de formes de délinquance, de violence et d’insécurité significativement absentes de l’agenda gouvernemental et médiatique.

Extrait :

Les lignes qui suivent proposent un aperçu de la violence policière sous sa forme la plus radicale : l’homicide. Elles rappellent également l’impunité quasi-complète dont bénéficie cette violence.

Les réfugiés, comme les sans-papiers, vivent une profonde insécurité. Eux aussi subissent des violences sans s’attirer la compassion de nos dirigeants. Eux aussi voient ces dirigeants chercher des excuses aux coupables, quand ils ne les félicitent pas. Il faut en effet le rappeler : à la frontière franco-italienne, en 1995, un enfant yougoslave de neuf ans est abattu d’une balle dans le dos par un douanier. Jacques Toubon, alors Garde des Sceaux, déclare que les gendarmes ont « fait leur travail normalement », et le juge d’instruction accorde un non-lieu. Après appel, le policier est finalement jugé, mais il plaide la légitime défense et est acquitté [1].

Cette conception curieuse de la légitime défense ne s’applique d’ailleurs pas qu’aux réfugiés : selon un décret datant de 1903, jamais abrogé, un gendarme peut tuer s’il n’a pas d’autre moyen d’immobiliser un véhicule. Les policiers quant à eux ne bénéficient pas de ce permis de tuer, mais le moins qu’on puisse dire est que la jurisprudence leur est extrêmement favorable, et qu’elle leur accorde, de fait, une quasi-impunité.

Cet extrait est issu d’un des articles parus sur le site Les mots sont importants dont voici les liens pour lecture :

L’insécurité dont on ne parle pas

Délinquance, violence, insécurité : les mots et le sens qu’on leur donne

L’entreprise : une zone de non-droit

Une discrimination systémique

Sans papiers, donc sans droit

Des homicides nommés bavures

La prison, ou le non-droit au cœur du droit

Voir en ligne : http://lmsi.net/

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