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Le traitement "humain" de la persécution des Roms en France

lundi 20 septembre 2010 par anik

Un regroupement de quelques articles qui témoignent du traitement réellement appliqués aux personnes Roms, nous ne pouvons et ne devons pas nous voiler la face.

Porte d’Aix. Des ressortissants roumains fuient le campement de la place sous la pression policière.

« Depuis une semaine, tous les jours à 5 heures, ils arrivent, mettent la radio à fond et secouent les tentes, donnent des coups de pied pour nous faire dégager », explique une maman. « Ils nous disent que s’ils nous retrouvent ici demain, ils vont placer les enfants dans des centres », ajoute une autre. «  Des policiers en civil avec un brassard », précise Mustate.
Fatigués de nuits ainsi écourtées, angoissés d’avoir épuisé les ressources possibles des divers services sociaux et humanitaires, une dizaine de femmes et d’enfants ont profité d’un car touristique en partance pour Bucarest hier matin à 2 heures, ayant réuni en urgence les 80 euros pour le billet. Gabriel, 18 ans, fait ses adieux à Cristina, 14 ans, la mère de son fils né à la Timone, le 28 juillet dernier. Il lui confie le téléphone portable que sa famille partage avec celle de Mustate, en espérant que « le crédit dure au moins jusqu’à leur arrivée ».
Les deux pères restent à Marseille « pour trouver du travail, un logement ». Les deux mamans, le bébé et la petite Roxanna, âgée de 7 ans, reviendront « plus tard, du moins pour le rendez-vous pris à l’hôpital le 29 septembre », espère Gabriel, où le nourrisson, souffrant d’un problème à l’estomac, doit subir une délicate intervention chirurgicale.

Des nuits d’angoisse, de squats en tentes

Ces deux familles ne sont sur le campement de la Porte d’Aix que depuis deux nuits. Hébergées à l’hôtel Belsunce depuis le jeudi 9 septembre, grâce à une intervention de la Fondation Abbé Pierre (FAP) et de Médecins du Monde, elles sont arrivées au bout du dispositif d’aide d’urgence. Jusque-là, elles squattaient une maison de cantonnier au Vallon de l’Oriol (notre article du 16/9/2010). «  Nous étions aux prises avec des Roumains très dangereux qui trafiquent des voitures et nous réclamaient 300 euros de loyer par mois, ose enfin lâcher Mustate, mais nous avions un toit ».
Après 7 mois d’occupation au Roucas Blanc la police municipale est intervenue, sans aucune présence des services sociaux, pour les en déloger suite à une plainte de MPM* «  pour dégradation », soit l’ouverture forcée de la porte de la maisonnette. « C’est une procédure judiciaire et non administrative », précisait le chef de service du commissariat du 7e. Après les avoir entendus au poste sur la raison de leur présence et l’effraction, le procureur bouclait le dossier «  sans suite ».
«  Il y a l’Europe. Mais pour les zingueri (tsiganes, ndlr), il y a des autres lois », constate simplement Mustate, qui garde cependant l’espoir «  de trouver un emploi dans la construction pour pouvoir s’établir ici. Emmener Roxanna à l’école. Je paierai la taxe de l’employeur. J’irai travailler jour après jour, je suis un bosseur ». Et d’ajouter : «  la police en France est quand même moins violente qu’en Roumanie ou qu’en Italie. Et il y a encore des gens qui nous parlent ici », avant de partir «  donner la main » à droite, à gauche, pour gagner quelques euros.
A Choisy-le-Roi, le maire (PCF) a ouvert, avec la FAP, un terrain d’accueil, à Marseille il ne pipe mot.

MYRIAM GUILLAUME pour le site la marseillaise

La police déloge un campement de Roms

Porte d’Aix. Les ONG dénoncent des méthodes discriminatoires.

Une vingtaine de familles roms originaires de Roumanie a été délogée, à la Porte d’Aix, par la Police municipale de la Ville de Marseille dans un premier temps, par la Police nationale en uniforme et en civil ensuite. Les 120 personnes, essentiellement des femmes et enfants en bas âge, ont quitté les lieux sans résistance.
Les ONG Médecins du Monde et Fondation Abbé Pierre, ainsi qu’Atriballes, sont aussitôt arrivés sur les lieux, hier matin, pour que soient évités les débordements survenus la veille. En effet, mardi matin, les agents de la Police municipale étaient venus aux aurores réveiller ces familles à coups de klaxons, coups de pieds dans les tentes (fournies par les ONG locales), de chansons religieuses, de moqueries, de «  dégagez en Roumanie », «  y a encore un avion aujourd’hui »…, selon des propos rapportés par plusieurs témoins qui ont assisté à la scène.

Des populations en situation sanitaire déplorable

Les riverains se sont dit stupéfaits des «  courses poursuites » des policiers municipaux après des femmes portant leurs enfants alors que, dans ce quartier, vols et agressions sont en recrudescence sans que les forces de l’ordre n’interviennent.
Caroline Pozmentier, adjointe UMP à la Police municipale, affirme que, selon le rapport qui lui a été transmis, « ce n’est pas moi, en tant qu’élue, qui peut donner ce genre de mission. La Police municipale a assuré ses missions de faire respecter l’espace public. Elle n’avait pas pour mission de procéder à des expulsions ».
Fathi Bouaroua, directeur régional (Paca, Languedoc-Roussillon) de la Fondation Abbé Pierre, suit ces populations en situation sanitaire « déplorable », qui n’ont pas accès à l’eau depuis plusieurs jours. «  Il y a des cas de galle chez les enfants, de tuberculose chez les adultes. Un enfant fiévreux est alité. Ces familles, expulsées de squats, sont sans domicile, n’ont que la rue et dorment avec les SDF. » Il constate qu’aujourd’hui, «  il y a un véritable régime de harcèlement et d’intimidation ».
Dans le quartier, l’association Présence Citoyenne dit ne pas comprendre cette situation. « Ces gens font l’objet d’intentions belliqueuses, d’une véritable chasse à l’homme parce qu’ils appartiennent à une communauté des plus fragile. On ne peut plus parler de stigmatisation, aujourd’hui, c’est de la persécution. » Omar Djellil, président de l’association, dit voir dans ces méthodes « des actions tests de l’opinion publique par le gouvernement, avant de se tourner vers d’autres communautés ».


LINDA BE DIAF
pour le sitela marseillaise.

De l’ambiguïté à l’amalgame : la sordide polémique de l’été.

Jouant sur la méconnaissance collective et les préjugés historiques d’une minorité largement présente au sein des pays européens, le Président de la République a déclanché une campagne médiatique et organisé des rafles collectives qui soulèvent la réprobation dans le monde entier.
Revenons aux faits : Au point de départ, il s’agit de la présence en France d’environ 15 000 citoyens européens venus en majorité de Roumanie et qui, faute d’un minimum de structure d’accueil, vivent ici dans de conditions d’insécurité et d’insalubrité inadmissible. Ces familles étrangères se reconnaissent comme appartenant à la minorité ethnique des Rroms qui regroupe dans l’ensemble de l’Europe aujourd’hui environ 15 millions de personnes. Au mépris des règles de droits fixées par l’Union Européenne des expulsions dites volontaires ou humanitaires sont, depuis quelques années déjà, pratiquées par le gouvernement français et nous n’avons cessé de les dénoncer vigoureusement.

Dans sa recherche de bouc émissaire, le Président de la République procède par un odieux amalgame en additionnant à cette chasse aux Rroms étrangers , les 500.000 Tsiganes citoyens français présents en France depuis plusieurs siècles et que l’on désigne administrativement et hypocritement sous le terme « gens du voyage ». Certes les historiens ont depuis peu reconnu une filiation d’origine indienne entre ces diverses communautés, mais aujourd’hui on peut comprendre les réserves de nos concitoyens « gens du voyage » (dont la grande majorité ne voyage plus depuis longtemps d’ailleurs) quand on leur impose une parenté lointaine de plusieurs siècles. Cette distinction culturelle, historique et juridique semble négligeable au Président et aux Ministres qui appliquent ces directives comme le montre dans le détail la fameuse circulaire contestée de toutes parts. Il y est question d’évacuation par tous les moyens de 600 campements illicites concernant prioritairement les Roms. C’est ce ciblage précis qui a attiré les foudres des instances européennes et conduit à la rédaction d’un nouveau texte supprimant cette désignation ciblée.

Lire la suite et la totalité de l’article sur le site de Rencontres Tsiganes


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